Décrétée par le chef de l’Etat comme une priorité nationale, l’Année de la culture aura marqué un tournant important dans la gouvernance culturelle du Mali.
Pensée comme un levier de cohésion sociale, de résilience nationale et de relance économique, cette initiative ambitieuse a été pilotée avec méthode et engagement par le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, omniprésent sur le terrain, « au four et au moulin ». En un mot : L’Année de la culture a été une année de « vision politique forte pour réhabiliter la culture malienne dans son ensemble ».
Dans un contexte marqué par les défis sécuritaires, économiques et sociaux, le choix d’ériger la culture au rang de priorité nationale en 2025 n’était pas anodin. Pour les autorités de la Transition, la culture est apparue comme un socle de reconstruction morale, identitaire et patriotique, capable de fédérer les Maliens autour de valeurs communes.
Cette vision s’est traduite par une série d’actions concrètes visant à redonner dignité, visibilité et sécurité aux hommes et femmes de culture, longtemps relégués au second plan des politiques publiques.
Point d’orgue de cette Année de la culture, la Biennale artistique et culturelle Tombouctou 2025 s’est imposée comme un symbole fort. Le choix de la Cité des 333 Saints n’était pas seulement culturel, il était aussi hautement politique et symbolique : affirmer que Tombouctou reste un haut lieu de civilisation, de création et de savoir.
La Biennale a mobilisé des milliers d’artistes venus de 19 régions et le District de Bamako. Ils y ont célébré : danse, musique, théâtre, art visuel, et savoirs traditionnels. Elle a également favorisé la relance de l’économie locale, notamment l’hôtellerie, l’artisanat et les services, tout en projetant une image positive de Tombouctou à l’international.
Des avancées sociales majeures pour les artistes
Parmi les réalisations les plus saluées de l’Année de la Culture figurent la mise en place d’une assurance volontaire (AVOC) destinée aux artistes et acteurs culturels. Cette mesure historique répond à une revendication ancienne du secteur : bénéficier d’une protection sociale minimale. Cette mise en œuvre est le fait de Mamou Daffé, ministre en charge de la Culture, avec la bénédiction du ministère de la Santé et des plus hautes autorités du pays.
Pour de nombreux créateurs, cette assurance constitue un signal fort de reconnaissance de leur statut professionnel, contribuant à améliorer leurs conditions de vie et à sécuriser leur avenir.
L’Année de la culture ne s’est pas limitée à Bamako. Des conférences, panels, formations et rencontres culturelles ont été organisés dans plusieurs villes, régions et communes du pays, favorisant la réflexion sur le rôle de la culture dans la paix, la cohésion sociale et le développement local.
Ces espaces d’échanges ont permis d’impliquer les collectivités territoriales, les chefs traditionnels, les jeunes et les femmes, renforçant ainsi l’appropriation populaire de la politique culturelle.
Un impact réel sur le développement culturel et national
Au-delà des événements, l’Année de la culture a contribué à repositionner la culture comme un secteur stratégique du développement. Elle a ravivé l’intérêt pour le patrimoine matériel et immatériel, encouragé la transmission intergénérationnelle et stimulé la créativité des jeunes.
Pour les acteurs culturels, cette année restera comme une période de visibilité accrue, de reconnaissance institutionnelle et d’espoir renouvelé. Pour l’Etat, elle aura posé les bases d’une politique culturelle plus structurée et inclusive.
Si le bilan est globalement positif, de nombreux observateurs appellent à pérenniser les acquis : maintien de l’assurance des artistes, régularité des grandes manifestations culturelles, financement durable du secteur et meilleure structuration des industries culturelles et créatives.
L’Année de la culture aura ainsi démontré une chose essentielle : au Mali, la culture n’est pas un luxe, mais une nécessité vitale, un pilier de la souveraineté, de la paix et du vivre-ensemble.
(Correspondance particulière)
Source : Arc en Ciel
