Bamako progresse dans le noir : Pourquoi les coupures d’électricité s’intensifient-elles dans la capitale malienne ?

Dans plusieurs quartiers de Bamako, la durée quotidienne de fourniture d’électricité a fortement diminué ces dernières semaines. Dans certains secteurs, les habitants passent presque une journée entière sans courant.

Une situation qui suscite incompréhension et frustration, d’autant que des annonces gouvernementales et des mesures financières avaient été présentées comme des solutions pour améliorer la production et la distribution d’électricité au Mali.

Depuis plusieurs jours, les habitants de nombreux quartiers de Bamako font face à des délestages de plus en plus prolongés. Dans certaines zones, la fourniture d’électricité ne dépasse plus cinq à six heures par jour, alors que d’autres passent parfois presque vingt-quatre heures sans courant.

Ces coupures affectent profondément le quotidien des populations surtout en ces temps de Ramadan et de Carême.

Cette situation alimente de nombreuses interrogations dans l’opinion publique. Ces derniers mois, le ministre de l’Economie et des Finances avait annoncé la mobilisation de ressources financières importantes à travers un prélèvement sur les transferts d’argent effectués via la téléphonie mobile.

Ce mécanisme instauré au forcing devait permettre de mobiliser plusieurs milliards de francs CFA « afin de soutenir la production d’électricité et améliorer la fourniture du courant aux populations ». Mais hélas ! Les sous ont été coupés, les maliens attendent toujours leur courant avec peine et angoisse.

Pour de nombreux citoyens rencontrés, la question se pose aujourd’hui : à quoi ont servi ces ressources si les coupures d’électricité continuent de s’aggraver ?

Le problème ne semble pas non plus provenir d’un manque de carburant pour les centrales thermiques. Le gasoil continue d’être acheminé dans le pays, ce qui laisse penser que les difficultés actuelles pourraient être liées à d’autres facteurs.

L’incendie de la centrale de Sirakoro

Lors d’une récente intervention sur la chaîne publique ORTM, le directeur général de l’Energie du Mali (EDM) avait évoqué un incendie survenu dans une centrale électrique située à Sirakoro.

Cet incident technique aurait affecté une partie de la capacité de production d’électricité de la capitale. Toutefois, plusieurs observateurs s’interrogent : cet événement, signalé il y a près d’une dizaine de jours, peut-il à lui seul expliquer la gravité et la durée des délestages actuellement observés ?

L’absence d’informations détaillées alimente les spéculations et renforce le sentiment d’opacité autour de la gestion de la crise énergétique.

La situation actuelle contredit avec les engagements pris par les autorités ces derniers mois. En 2025, le gouvernement avait annoncé devant le Conseil national de transition (CNT) un objectif de plus de 18 heures de fourniture d’électricité par jour.

Pendant quelques semaines, cette amélioration semblait se concrétiser dans la capitale. Mais cette dynamique s’est rapidement essoufflée, replongeant les habitants dans un cycle de délestages sévères.

Plus récemment, le Premier ministre Abdoulaye Maiga vient d’évoquer la perspective d’un accès à l’électricité 24 heures sur 24 à l’horizon 2026. Une promesse qui paraît aujourd’hui difficile à concilier avec la réalité actuelle sur le terrain.

Les populations souhaitent comprendre les véritables causes de la crise : s’agit-il d’un problème de production ?, d’une panne technique majeure ?, d’un déficit de maintenance des centrales ?, ou de difficultés structurelles dans la gestion du secteur énergétique ?

Dans un contexte où l’électricité constitue un levier essentiel pour l’économie, l’éducation et la santé, la transparence apparaît comme une nécessité pour restaurer la confiance entre les citoyens et les institutions.

En définitive, la crise actuelle de l’électricité à Bamako met en lumière les défis structurels du secteur énergétique au Mali.

Djibril Diallo

Source : Arc en Ciel

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