Bénin : la police traque 9 fugitifs du coup de force de décembre

Le Centre National d’Investigations Numériques a publié vendredi un avis de recherche contre neuf individus liés à la tentative de coup de force du 7 décembre 2025, tandis que le vice-président des Démocrates a été placé sous mandat de dépôt dans le même dossier.

Le Centre National d’Investigations Numériques (CNIN) du Bénin a publié vendredi matin un avis de recherche visant neuf individus activement recherchés par la police républicaine en lien avec la tentative de coup de force du 7 décembre 2025. Une forte récompense est promise à toute personne fournissant des informations utiles aux autorités.

 

Les personnes recherchées sont identifiées comme suit : Pascal Tigri, Castro Sambieni, Ousmane Samary, Bernard Sanhouekoua, Moussa Noma Rafiou, Demanmon Dassoudo, Issa Soumanou, Laurier Setondji et Yacoubou Moudachirou Osseni.

 

Au cœur de cet avis figure Pascal Tigri, membre de la Garde républicaine et instigateur présumé de l’attaque. Selon le président Patrice Talon, qui s’était exprimé devant la presse en décembre 2025, Tigri aurait quitté le camp de Togbin en civil et en voiture avant les frappes aériennes, abandonnant ses hommes. Le chef de l’État avait révélé avoir eu le fugitif au téléphone pendant l’opération, celui-ci lui ayant lancé : « il ne faut pas sous-estimer ma capacité de nuisance ».

 

Un responsable de l’opposition derrière les barreaux

Pendant que les fugitifs sont toujours activement recherchés, l’étau judiciaire se resserre sur d’autres protagonistes présumés de l’affaire. Alassane Tigri, vice-président du principal parti d’opposition béninois Les Démocrates et ancien ministre, a été placé sous mandat de dépôt depuis fin janvier dans le cadre de l’instruction judiciaire sur la tentative de coup d’État.

 

Cette incarcération intervient alors que le président Talon avait qualifié l’attaque de simple « incident » perpétré par des « petits voyous manipulés par des acteurs politiques marginaux », assurant que « la justice s’est déjà saisie de cette affaire ». Elle survient également à quelques mois de la présidentielle, à laquelle Les Démocrates ne participeront pas pour insuffisance de parrainages, une situation qui alimente les tensions politiques dans le pays.

 

L’attaque du 7 décembre 2025 avait nécessité le recours à l’armée de l’air nigériane pour neutraliser des blindés retranchés au camp de Togbin, dans le but d’« éviter un bain de sang », selon le président. L’opération, effectuée via la Cédéao, avait coûté la vie à l’épouse du général Bada et à un soldat de la garde républicaine.

 

AC/APA

Source : APA

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