La comédie a toujours été un miroir social. Elle caricature, exagère, provoque parfois, mais dans le but d’éveiller les consciences ou de détendre l’atmosphère. Pourtant, certaines productions récentes diffusées sur les réseaux sociaux interrogent profondément les limites éthiques de l’humour.
Des vidéos publiées par le créateur de contenu connu sous le nom de « Mafa yelebougou » ont suscité l’indignation de nombreux internautes. On y observe des scènes impliquant des enfants en bas âge dans des dialogues à connotation clairement suggestive. Des propos qui, sortis du registre de l’humour adulte, deviennent particulièrement problématiques lorsqu’ils concernent des mineurs. Il est surtout question des propos voilés à caractère sexuel. Sans préjuger d’une quelconque culpabilité, ces contenus soulèvent de sérieuses questions au regard de la protection de l’enfance et de l’exposition des mineurs à des messages inappropriés.
Au-delà du cas particulier, c’est un phénomène plus large qui interpelle : la quête effrénée de visibilité. Sur les plateformes numériques, le buzz semble parfois primer sur la responsabilité. Or, les réseaux sociaux n’oublient rien. Une vidéo publiée aujourd’hui peut resurgir dans dix ans, avec des conséquences durables pour les enfants concernés, dont l’identité et l’image se retrouvent exposées à une audience incontrôlable.
La législation malienne, notamment en matière de cybercriminalité et de protection des mineurs, encadre pourtant ce type de situation. Les autorités compétentes se sont saisies du dossier, rappelant que la liberté d’expression ne saurait se confondre avec l’irresponsabilité.
Rire, oui. Mais pas au détriment de l’innocence. La comédie peut secouer les consciences sans piétiner l’enfance. À défaut, ce n’est plus de l’humour. C’est une faute morale, et peut-être plus encore.
KD
Source : Le PAYS
