Brume de poussière : risques élevés de maladies

Alors qu’un épais nuage de poussière a recouvert Bamako du dimanche 15 à avant-hier lundi 16 février, les mesures de protection restent loin des enjeux.

La visibilité a été fortement réduite. La qualité de l’air dégradée. Du haut des collines, la capitale apparaissait noyée dans une brume ocre. Respirer demandait un effort. Ce phénomène, de plus en plus fréquent en saison sèche, n’est pas un simple caprice de la nature. Il est le résultat d’un enchevêtrement de facteurs climatiques et humains, dont le premier responsable reste l’Harmattan. Ce vent sec venu, probablement, du Sahara transporte d’importantes quantités de sable et de particules fines sur des milliers de kilomètres. En période de forte intensité, il transforme le ciel en voile grisâtre.

« Voilà votre ville, vue de loin. Oui, c’est ça même qu’on respire », a alerté lundi le Pr Guida Landouré, enseignant à la Faculté de médecine de Bamako. Dans un communiqué publié le même jour, le Ministère de la Santé et du Développement social a confirmé qu’une suspension de poussière touchait une grande partie du territoire. Le phénomène pourrait durer plusieurs jours. Les risques sanitaires sont « augmentation des maladies respiratoires », « irritations des yeux » et de la « gorge », « hausse possible des accidents » de la circulation.

Malgré la gravité de la situation, le port du masque restait faible dans la capitale malienne, y compris chez les motocyclistes. Alors que les autorités ont recommandé de porter un masque, des lunettes ou un foulard, même pour de courtes sorties. Il a été également conseillé de fermer portes et fenêtres pour limiter l’infiltration de la poussière et de s’hydrater régulièrement. Une vigilance accrue a tout aussi été demandée pour les enfants, les personnes âgées et les femmes enceintes, considérés comme les plus vulnérables.

Alors que la brume atteint son paroxysme, les spécialistes rappellent que la prévention reste la meilleure protection. « J’ai porté mon masque. La décision vous revient aussi », insiste le Pr Landouré.

 

Face à un air saturé de particules, protéger ses poumons devient essentiel. Les particules fines s’infiltrent dans les poumons et fragilisent les plus vulnérables. Au-delà du vent, cette brume révèle surtout nos failles urbaines et l’urgence d’une prévention à la hauteur des risques.

KD

Source : Le PAYS

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