Le bras de fer autour de la finale de la CAN 2025 entre le Sénégal et le Maroc prend une nouvelle tournure. Réunis jeudi 26 mars à Paris, les avocats de la Fédération sénégalaise de football (FSF) ont affiché une détermination sans équivoque : contester devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) la décision de la Confédération africaine de football (CAF) ayant attribué la victoire au Maroc sur tapis vert.
Au cœur de la controverse, une décision rendue le 17 mars par le jury d’appel de la CAF. Celle-ci a déclaré le Sénégal forfait, inversant ainsi une première décision prise le 29 janvier par la commission de discipline, qui avait validé le résultat du match malgré les incidents survenus lors de la finale. Une rencontre marquée notamment par une interruption de 14 minutes, consécutive au retrait temporaire des joueurs sénégalais sur instruction de leur sélectionneur.
Une procédure jugée « irrégulière »
Face à la presse, les avocats de la FSF n’ont pas mâché leurs mots. Me Seydou Diagne, figure de proue du collectif, a dénoncé une procédure qu’il juge entachée de nombreuses irrégularités. « On a vécu une pièce de théâtre intolérable », a-t-il déclaré, remettant en cause la crédibilité même de la décision de la CAF.
Selon la défense sénégalaise, ce revirement constitue une violation des principes fondamentaux du droit sportif, notamment la sécurité juridique et la cohérence des décisions disciplinaires. Les avocats pointent également du doigt les conditions dans lesquelles l’audience s’est tenue, évoquant des dysfonctionnements graves dans le traitement du dossier.
Une bataille juridique à fort enjeu
Le recours introduit devant le TAS vise plusieurs objectifs : obtenir l’annulation de la décision de la CAF, faire reconnaître officiellement le Sénégal comme vainqueur de la CAN 2025, et contraindre l’instance africaine à fournir les motivations complètes de son verdict.
Au-delà du simple titre continental, l’enjeu est bien plus large. Pour la FSF, il s’agit de défendre l’intégrité des compétitions africaines et de préserver la crédibilité des instances sportives. « Si une telle გადაწყვეტილ peut prospérer, c’est tout l’équilibre du football qui est menacé », ont insisté les avocats.
Vers une procédure accélérée ?
Si une procédure classique devant le TAS peut durer entre neuf et douze mois, les parties pourraient convenir d’un traitement accéléré du dossier. Dans ce cas, une décision pourrait intervenir dans un délai de deux mois, compte tenu de la sensibilité et de l’impact de l’affaire.
En parallèle, les avocats sénégalais ont évoqué la possibilité de poursuites visant certains membres du jury d’appel de la CAF, sur fond de soupçons de corruption, ce qui pourrait encore alourdir ce contentieux déjà explosif.
Un duel Sénégal–Maroc sous tension
De son côté, la Fédération royale marocaine de football reste ferme sur sa position, estimant la décision de la CAF conforme aux règlements en vigueur. Ce désaccord profond entre les deux fédérations transforme désormais ce dossier en un véritable test pour la justice sportive internationale.
Tous les regards sont désormais tournés vers le TAS, appelé à trancher une affaire qui dépasse largement le cadre d’un simple match. Derrière ce contentieux, c’est toute la gouvernance du football africain qui se retrouve sous pression.
Kémoko Diabaté
Source : Le PAYS
