Le président du Haut Conseil Islamique du Mali (HCIM), Chérif Ousmane Madani Haïdara, figure majeure de l’islam malien et guide spirituel influent, est récemment sorti de sa réserve pour livrer un message fort, empreint de paix, de responsabilité et de cohésion nationale. Dans une vidéo de plus de 40 minutes, enregistrée dans sa mosquée à Banconi, son quartier général, le Chérif est revenu en détail sur plusieurs dossiers sensibles qui traversent l’actualité nationale.
Cette sortie médiatique intervient après sa rencontre avec le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, lors de la cérémonie de présentation des vœux du Nouvel An au palais présidentiel de Koulouba, un moment symbolique de dialogue entre autorités politiques et leaders religieux.
Un appel assumé pour le retour de l’imam Mahmoud Dicko
Au cœur de son intervention, Chérif Ousmane Madani Haïdara a confirmé avoir engagé des démarches auprès des autorités maliennes en vue de faciliter le retour au Mali de l’imam Mahmoud Dicko, actuellement en exil en Algérie. Présentant ce dernier comme son « grand frère », le président du HCIM a insisté sur la nécessité de dépasser les clivages pour l’intérêt supérieur de la nation.
Selon ses déclarations, il affirme avoir rencontré trois hautes personnalités des autorités à qui il a expressément demandé de permettre à l’imam Dicko de rentrer au pays, tout en sollicitant des garanties claires de sécurité, afin que « rien ne lui arrive une fois de retour ».
Pour Chérif Haïdara, l’imam Mahmoud Dicko pourrait jouer un rôle de conseiller, en mettant son influence et son expérience au service des efforts visant à sortir le Mali de la crise multidimensionnelle qu’il traverse.
Une démarche collective avec l’imam Mohamed Macky Bah
Le guide religieux a tenu à préciser que ces initiatives n’ont jamais été personnelles ni isolées. Il affirme avoir conduit l’ensemble de ces démarches aux côtés de l’imam Mohamed Macky Bah, président de l’Union des Jeunes Musulmans du Mali (UJMMA) et membre du Groupement des leaders spirituels musulmans du Mali.
Cette précision vise, selon lui, à dissiper toute tentative d’interprétation erronée ou de récupération politique de ses actions, qu’il place exclusivement sous le sceau de la réconciliation nationale et de l’intérêt général.
Réconciliation nationale : le retour des exilés et détenus politiques
Abordant un autre volet sensible, Chérif Ousmane Madani Haïdara a également évoqué la situation des hommes politiques incarcérés ou contraints à l’exil. Il indique avoir suggéré leur retour et plaidé pour une réconciliation nationale inclusive, estimant que l’unité est aujourd’hui indispensable.
« Le Mali a besoin de tous ses fils pour se reconstruire », a-t-il insisté, rappelant que ce « beau pays » ne peut se relever durablement sans la contribution de chacun.
Le cas des deux jeunes imams incarcérés
Le président du Haut Conseil Islamique du Mali a aussi évoqué avec émotion le dossier des deux jeunes imams actuellement incarcérés. Il affirme avoir mené plusieurs démarches auprès des autorités pour obtenir leur libération, mais sans succès jusqu’ici.
Selon lui, les autorités lui répondent régulièrement de laisser la justice suivre son cours. Une situation qu’il dit comprendre, tout en exprimant sa peine face à l’impossibilité d’aboutir à une solution rapide. Il reconnaît également que ses rencontres avec le Président de la Transition, le Général Assimi Goïta, sont parfois difficiles à obtenir, même s’il précise être reçu à plusieurs reprises en tête-à-tête.
L’affaire du tiktokeur Cheick Nimaga dit « Général Chico »
Dans sa vidéo, Chérif Ousmane Madani Haïdara est également revenu sur l’affaire très médiatisée du tiktokeur malien Cheick Nimaga, connu sous le pseudonyme de « Général Chico », poursuivi pour des propos jugés attentatoires à l’image de la religion musulmane.
Il explique qu’il se trouvait à Dakar lorsque l’affaire l’a rattrapé. Des jeunes du Haut Conseil Islamique sont venus l’informer de la situation. À ce moment, il leur a clairement indiqué qu’il soutenait la décision institutionnelle du HCIM et qu’il resterait derrière cette position.
Cependant, il révèle avoir ensuite appris que le tiktokeur l’aurait personnellement insulté, et que certains voulaient qu’il porte plainte. Sa réponse fut catégorique :
« Je ne porterai jamais plainte contre une personne dans ce monde. Je laisse tout à Dieu. »
Il ajoute que, malgré cela, certaines personnes ont contacté son fils, Iba Haïdara, pour l’inciter à déposer plainte. Après explication, le Chérif lui a demandé de ne pas le faire. Il affirme finalement que des plaintes ont été déposées sans son consentement et sans l’en informer.
Un homme de foi au service de la paix et de la cohésion
Conscient que ses prises de position lui attirent parfois incompréhensions et critiques, Chérif Ousmane Madani Haïdara reconnaît faire face à certaines difficultés et à des regards méfiants. Mais il assume pleinement :
« C’est cela notre travail devant Dieu. »
Pour de nombreux observateurs, le président du Haut Conseil Islamique du Mali demeure une chance pour le pays, un acteur constant de la paix, de la cohésion sociale, du respect mutuel et du dialogue, dans un contexte national marqué par de profondes tensions.
À travers ce message long et sans détour, Chérif Ousmane Madani Haïdara réaffirme sa conviction : le Mali ne se relèvera que par l’unité, la sagesse et la réconciliation.
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Moussa Keita
Source: Bamada
