La Coalition des Forces pour la République (CFR) de l’imam Mahmoud Dicko reste désormais bannie sur toute l’étendue de Ségou. Profitant des festivités du 14 janvier, Journée de la souveraineté retrouvée au Mali, les sages de la région ont publiquement invité les autorités de la transition à inscrire ladite coalition sur la liste des groupes armés terroristes.
Le message a été annoncé par les habitants à travers le porte-parole des sages, M. Gaoussou Sidiki Minta. Cela, au même moment où des déclarations de soutien se multiplient en faveur de la coalition d’opposition. Farouchement opposés à l’initiative, les sages de Ségou n’ont arrêté, le 14 janvier dernier, d’appeler à l’arrestation des partisans de la CFR, estimant que le mouvement pose les mêmes actes que les groupes armés terroristes. Et d’être clairs : « Nous voulons que nos autorités ajoutent la coalition dont l’imam Mahmoud Dicko se trouve à la tête sur la liste des terroristes.
L’imam, ses soutiens et les terroristes se sont donnés la main pour montrer à la face du monde qu’ils veuillent renverser ce régime en place. Nous demandons simplement à nos autorités d’ajouter la coalition de l’imam à la liste des groupes armés terroristes ». Pour ce qui est les partisans de la coalition à Bamako ou dans n’importe quelle autre localité du pays, les sages de Ségou ont demandé à ce qu’ils soient tous arrêtés et considérés comme des terroristes. Ainsi, le mouvement de l’imam exilé à Alger, dans la capitale algérienne, est en passe d’être banni partout à Ségou. La demande formulée par les sages illustre clairement cette démarche endogène.
Pour l’instant, les autorités de la transition n’ont pas réagi suite à cette exigence des habitants de Ségou. Rappelons que cette sortie médiatique des sages intervient peu de temps après une déclaration officielle livrée par l’imam Mahmoud depuis la terre algérienne, confirmant son adhésion pleine et entière à la Coalition, aux côtés d’éminentes personnalités d’opposition au régime actuel. Il sied d’ajouter que ce mouvement a pour mission de veiller sur le retour à l’ordre constitutionnel au Mali, ce, en renversant les militaires au pouvoir depuis 2020.
À cet objectif affiché s’ajoute l’instauration du dialogue entre les Maliens (y compris les groupes armés) ; le maintien de la paix et du vivre ensemble partout dans le pays… Le mouvement de l’imam Mahmoud a été, de nos jours, déjà rejoint par certaines personnalités du pays, notamment l’ancien ministre sous le régime de feu Ibrahim Boubacar Keïta, Housseyni Amion Guindo dit Poulot, l’économiste Etienne Fakaba Sissoko. Certains mouvements associatifs ont également annoncé leur adhésion au mouvement politique de l’imam en exil depuis des années. Lors de sa récente sortie, Mahmoud Dicko invitait l’ensemble des Maliens de l’intérieur et de l’extérieur à rejoindre son équipe pour la cause du pays.
Mamadou Diarra
Source : Le PAYS
