Inculpé pour coups mortels, Sadio Togola était à la barre de la chambre criminelle pour répondre des faits qui lui sont reprochés. C’était le mardi 24 février 2026.
Le verdict est tombé le mardi 3 mars, le condamnant à 10 ans de réclusion et au paiement de 15 millions de F CFA à titre de réparation du préjudice subi.
Le récit des faits
Le 17 décembre 2020, Moumouni Koné, professeur de l’enseignement supérieur, a saisi le commandant de la Brigade d’investigations judiciaires (Bij) de Bamako d’une plainte contre le nommé Sadio Togola pour homicide volontaire sur la personne de son neveu, Souleymane Sanogo, commis à Bingerville, en République de Côte d’Ivoire. Mais le meurtrier avait réussi à prendre la fuite.
Les agents ont immédiatement procédé à des investigations sur le pseudonyme du suspect à travers le « logiciel Tras-Route », ce qui a permis, une semaine plus tard, de localiser le fugitif sur le territoire du Ghana et de le suivre jusqu’à son arrivée à Bamako, où il a été interpellé le 27 décembre 2020 à Sénou, à bord d’un car de la compagnie de transport « Bani Transport ». Au cours de l’enquête préliminaire, Sadio Togola a reconnu l’entièreté des faits qui lui sont reprochés.
A la barre, il a notamment expliqué qu’il vivait en parfaite symbiose avec le défunt Souleymane Sanogo à Bingerville, en République de Côte d’Ivoire, et qu’un jour, ce dernier l’aurait sollicité pour fixer la nouvelle porte de sa chambre, confectionnée par Maméri Koné, un ami commun.
N’ayant pas apprécié son travail, Souleymane Sanogo et Maméri Koné se sont rendus à son domicile pour lui faire des remontrances. Là, une altercation serait vite intervenue entre eux. Au cours de celle-ci, et dans le but de se défendre des coups portés sur sa personne par ses protagonistes, il se serait saisi d’un poignard pour asséner des coups à Souleymane Sanogo au niveau de la gorge. Suite à ces coups, celui-ci a rendu l’âme quelques instants après.
Sadio Togola a ajouté que, craignant d’être lynché par la population, il aurait pris la fuite avec sa famille pour se réfugier au Ghana. Il a reconnu les faits qui lui sont reprochés tout au long de l’instruction et a donné les mêmes explications que celles fournies lors de l’enquête préliminaire.
Malgré ses aveux, il n’a pas échappé à la sentence de la chambre. Le délibéré du mardi 3 mars l’a condamné à 10 ans de réclusion. Il devra également payer 15 millions de F CFA à titre de réparation pour la famille de la victime.
Marie Dembélé
Source : Aujourd’hui-Mali
