Crise énergétique : Une paralysie qui s’aggrave

À Bamako, la capitale s’enfonce chaque soir dans une quasi-obscurité. Le pays dépendant majoritairement de centrales thermiques, la pénurie de carburant a entraîné des coupures d’électricité prolongées, rendant dangereuses les sorties nocturnes et paralysant des pans entiers de l’activité urbaine.

Dans les entreprises, la situation est critique. À Baco-Djicoroni, des imprimeries sont contraintes de réorganiser le travail en équipes nocturnes en attendant l’arrivée du courant, souvent après 18h. Le recours au groupe électrogène n’est plus une option : « impossible sans carburant », témoigne un designer. Faute d’énergie, les commandes sont annulées, les productions stoppées et les revenus effondrés.

Même constat dans les ateliers artisanaux et de services, où l’électricité intermittente empêche de respecter les délais. Les tailleurs, par exemple, peinent à faire fonctionner leurs machines, réduisant drastiquement leur capacité de production.

Cette crise énergétique affecte également les ménages : impossibilité de se déplacer, surcoût du transport, nuits sans éclairage et ralentissement général de la vie sociale. Les étudiants eux-mêmes voient leur formation perturbée, faute de carburant pour rejoindre leurs établissements et d’électricité pour étudier.

En définitive, la pénurie de carburant et les coupures d’électricité aggravent une paralysie économique déjà profonde. Sans solutions structurelles et sécuritaires rapides, c’est l’ensemble du fonctionnement du pays, entreprises, services publics, transports et vie quotidienne, qui risque l’asphyxie énergétique.

Assitan Koné

Source : Mali Tribune

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