Ne nous voilons pas la face ! La France fait tout pour déstabiliser le Mali et les deux autres États du Sahel plus précisément le Niger et le Burkina Faso, trois anciennes colonies qui ont osé défier et humilier le grand « Maître ». L’objectif est clair : faire chuter le pouvoir militaire de Bamako.
Si Bamako tombe, le reste de l’AES tombe. Si l’AES tombe, le « Maître » (la France) retrouve son respect perdu ; son pouvoir; son influence et surtout son prestige qu’il a en dominant un vaste Sahel qui regorge de ressources extractives. Comment ne pas croire au complot de déstabilisation contre le Mali et contre les pays de l’AES ? La question est de savoir si nous voulons notre liberté ou si nous voulons rester « esclaves ». La liberté d’un esclave a un prix. Cette liberté se gagne. Elle s’arrache et, une fois arrachée, doit être protégée car, jamais, le « maître » n’abdiquera. Pour lui, abdiquer, laisser son esclave libre qui a arraché sa liberté, c’est donner le courage aux autres esclaves de se rebeller et de chercher à s’affranchir eux-aussi. Au Mali, les militaires ont libéré les « Maliens » gardés comme esclaves par une France dominante. Quand des prisonniers arrivent à s’enfuir, ils doivent être solidaires des uns des autres pour pouvoir échapper à leurs poursuivants ; ils doivent suivre les instructions de leurs libérateurs pour échapper à leurs poursuivants. Sauf que dans le cas malien, des prisonniers libérés, en fuite, demandent à leurs bienfaiteurs (les militaires ) de les laisser se débrouiller seuls et de retourner d’où ils viennent (les casernes ) alors qu’ils ne sont même pas encore à l’abri de leurs poursuivants (m France). Il y a aussi des Maliens prisonniers / esclaves qui ne sont pas contents de leur libération. Ils sont comme ces anciens esclaves qui jouissaient de certains privilèges donnés par les maîtres esclavagistes et c’est eux qui se retrouvaient en train de surveiller et maltraiter leurs propres frères et sœurs pour faire plaisir aux maîtres. Le Mali se trouve dans cette situation où les intérêts de ses fils et filles sont divers, irréconciliables. La France compte sur cette divergence, ces divisions internes pour atteindre son objectif. Il revient à ceux qui veulent protéger leur liberté et qui font confiance aux militaires qui sont venus les libérer des mains des esclavagistes, de poursuivre leur course en avant et ne pas se laisser retarder par ceux qui veulent les ralentir. C’est en luttant ainsi qu’on a pu mettre fin à l’esclavage des temps anciens ; au colonialisme…Nous pouvons faire mieux. Les Maliens qui inspirent tout un continent noir, peuvent mieux faire en avançant dans l’unité de ceux qui cherchent la vraie liberté en défendant leur honneur, leur dignité et surtout leur vie.
El hadj Tièmoko Traoré
Source : Le Pouce
