Edito : Les incendies de marché sont évitables

Dans la nuit  du 15 au 16 février 2026, le marché de Médine,  situé entre la colline de Point-G et les quartiers populaires de Médine et Missira, a pris feu. Le méga incendie  a quasiment tout détruit sur son passage. Des étals et marchandises (avec probablement  une grande quantité d’argent liquide)   ont été réduits en cendres, anéantissant  du coup des investissements  de plusieurs années de travail et de sacrifice. Une telle scène apocalyptique n’est  hélas pas rare dans notre pays. C’est presque récurrent de voir  les marchés incendiés. Les commerçants semblent même  se résigner à les voir se produire régulièrement sans essayer de se convaincre que ce sont des situations évitables, si l’on prend des mesures d’anticipation rigoureuses.

 

Oui, les incendies dans nos marchés ne sont  pas des fatalités ! C’est certainement  les conséquences  du  bazar dont les usagers de nos marchés sont délibérément responsables  à travers leur  propre indiscipline.  La majorité de nos braves commerçants ignorent  que  le marché n’est pas seulement un lieu de commerce. Il est  aussi un espace de rencontre  quotidien où se côtoient des populations venant de tous les horizons et  de diverses classes sociales.  D’où la stricte nécessité de sécuriser nos marchés qui subissent régulièrement des incendies. Mais  que font les autorités politiques et administratives du Mali pour que la survenue de  ces sinistres soit moindre ?   Œuvrent-elles  vraiment pour l’assainissement de nos marchés ?

 

Sécuriser nos  marchés pour prévenir les incendies, repose sur une combinaison de mesures techniques (électricité, stockage) et organisationnelles (formation, évacuation). Il est alors crucial de réaliser périodiquement un diagnostic des risques, d’installer des équipements de détection/extinction fonctionnels (extincteurs, alarmes) et de maintenir des allées dégagées pour l’évacuation et l’accès des secours.  Le marché de Médine  répondait-il à ces exigences techniques et opérationnelles ?

 

Si oui, les Administrateurs du marché vérifiait-il régulièrement les installations électriques  par des électriciens qualifiés, pour éviter des surcharges et les câbles  défectueux ? S’évertuaient-ils à proscrire dans leur marché,  les branchements sauvages, les rallonges multiples et les multiprises surchargées ? Les Administrateurs  du marché de Médine s’évertuaient-ils à empêcher le stockage de cartons ou produits inflammables près des éclairages ou des endroits de chauffages ? Forment-ils  les usagers du marché  à l’utilisation des extincteurs et aux procédures d’évacuation ? Avaient-ils mis en place une signalétique claire pour les sorties de secours ? Ce sont autant d’interrogations non exhaustives qu’un citoyen lambda avisé,  serait à juste titre,  tenté de se poser.

A chaque fois qu’un incendie survient,  des commerçants  qui, pour la plus part,  s’endettent  auprès des tiers ou banques, ne sont plus solvables  et sont  soumis  à un effondrement de leurs business.  Les conséquences sociales sont incommensurables. Certains commerçants sont carrément démunis alors que  l’Etat est mis à contribution pour faire des subventions.  Pourtant,   les incendies de marché sont loin d’être des  fatalités. Ils sont  évitables dans la plupart des cas. Avec  une prise de conscience collective, nous pouvons  amoindrir leurs fréquences et ampleurs.  Nous devons plus que  jamais  opter pour l’anticipation des cas d’incendies. L’etat ne doit-il pas contraindre   certaines catégories de commerçants (ceux qui ont un chiffre d’affaires important) à  souscrire  à l’Assurance Incendie ?

 

Gaoussou Madani Traoré

 

Source : Le Pélican

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