Ces derniers jours, une déclaration de l’Imam Oumar Coulibaly, dit Farouk, ne cesse d’enflammer les débats religieux et par ricochet la cohésion sociale et interreligieuse au Mali. Connu d’habitude pour sa position ferme contre les querelles intestines entre leaders religieux, mais cette sortie de l’Imam qualifiant toutes les autres croyances non musulmanes de « cafres », y compris le christianisme, est un seuil non tolérable dans un pays laïc, de surcroit qui recoud son tissu social.
La République du Mali est née laïque où cohabitent en parfaite harmonie toutes les croyances religieuses. Mais ces dernières années, des prédateurs aveuglés ayant échoué sur d’autres terrains de confrontation utilisent la question religieuse pour diviser notre pays en mille morceaux.
Au nom de l’Islam, ils ont pris des armes contre un pays déjà à 95% musulmans, incendié des villes qui ont abrité les toutes premières universités islamiques du monde ou encore pillé là où reposaient près de 333 saints.
Il faut être dépourvu de toute raison pour croire à la théorie que ces violences sont faites au nom de l’Islam.
Mais le mal dans tout cela, c’est que ces criminels sont toujours encouragés ou soutenus consciemment ou inconsciemment par ceux-là mêmes que le Mali a bercé, protégé voire instruit jusqu’à avoir le niveau d’instruction qui leur glorifie aujourd’hui.
Après dix ans de souffrance et pendant que le pays tente de se relever de ce complot impérialiste et sécessionniste téléguidé d’ailleurs au nom de la religion, certains concitoyens veulent encore ouvrir un autre front, pour ne pas dire, une autre crise comme s’ils sont contre la paix et la cohésion au Mali.
En tout cas, s’ils ne le savent pas, qu’ils retiennent que l’Islam est d’abord et avant tout une religion « de paix et de quiétude » et qui a été tolérante envers les autres croyances.
Ainsi, ceux qui continuent de prêcher la haine et la discorde au sein de l’Islam servent d’autres agendas que la religion de Dieu.
Cette sortie de l’Imam Oumar Coulibaly, dit Farouk, est une invite au Haut Conseil Islamique de s’investir pour éviter une autre crise qui serait sans doute fatale pour notre pays.
Dans le contexte actuel de refondation de l’État, les plus hautes autorités de la transition doivent également prendre leurs responsabilités en encadrant les prêches et autres discours publics.
Issa Djiguiba
Source : Le PAYS
