« L’élection des membres de l’Assemblée consulaire de la Délégation régionale de la Chambre de commerce et d’industrie de Ségou, initialement prévue le dimanche 22 février 2026 est reportée à une date ultérieure dans la région de Ségou, en raison des risques graves de trouble à l’ordre public »,
C’est en ces termes que le gouverneur de la région de Ségou, le Commissaire général de Brigade de Police Soulaïmane Traoré a pris la décision, en date du 20 février 2026, de reporter ladite élection. Ce report, deuxième du genre, après celui prévu le 8 février 2026 dernier, laisse entendre qu’il y a de sérieux problèmes dans le processus électoral.
Le premier problème réside dans l’application de l’article 10 de la section III relative au régime électoral du décret fixant l’organisation et les modalités de fonctionnements de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali en date du 21 août 2014. Cet article en question indique clairement qui sont électeurs et inscrits sur la liste électorale qui leur est spécifique, les ressortissants des trois sections (Commerce, Industrie et Service) de la Chambres de commerce et d’industrie du Mali qui remplissent les conditions ci-après : Être un ressortissant des sociétés et entreprises privées, les établissements publics à caractère industriel et commercial, les sociétés d’économie mixte, les sociétés et entreprises d’Etat, les personnes se livrant habituellement à des activités commerciales, industrielles et de services, qui sont inscrites au registre de commerce et du crédit mobilier de assujetties à la patente. Aussi, les ressortissants doivent être également assujettis au régime réel de déclaration fiscal. Ils doivent également être immatriculés au registre du commerce et du crédit mobilier et identifié au service de la statistique. En plus, ils doivent être titulaires d’une patente depuis au moins 3 ans au 1er janvier de l’année des élections. Ils doivent être pareillement à jour dans le paiement des cotisations sociales au moins 3 ans au 1er janvier de l’année des élections. Ces n’est pas tout, ils doivent être âgés de 18 ans au moins et ne pas être sous le coup d’une incapacité ou d’une déchéance des droits civiques. A l’analyse des dossiers d’électeurs et de candidature, il se trouve que beaucoup en liste, pour le compte du Président de la Chambre de commerce et d’Industrie de Ségou sortant (Ibrahim Doucouré) ne remplissent pas ces conditions cité ci-dessus.
Juges et partie
Des faits dénoncés par le camp adverse dirigé par Adama Kouma qui, malgré tout a vu sa liste B invalidée, « sans motif valable » dit-il, par la Commission d’organisation dont certains membres sont curieusement candidats (Diantre !). Ainsi, cette liste B n’a même pas été affichée au tableau d’affichage de la mairie de Ségou pour élection. Une pratique d’écriée par de nombreux opérateurs économiques de Ségou. D’où la requête afin de reporter les élections des membres de l’Assemblée consulaire de la Délégation régionale de la Chambre de commerce et d’industrie de Ségou. Chose désormais faite, le vendredi dernier dans la soirée, par le Gouverneur de la Région de Ségou, le Commissaire général de Brigade de Police, Soulaïmane Traore, à seulement 24 h de début des opérations de vote.
Le coup de force d’Ibrahima Doucouré pour un 3ème mandat illégal
Ainsi, pour le premier responsable de la région de Ségou, « la nouvelle date de l’élection sera fixée par arrêté de l’autorité compétente, dès que les conditions de préservation de l’ordre public, de la sécurité et de la sérénité du processus électoral seront réunies ». Ces conditions ne seront pas réunies avec l’actuelle commission d’organisation, accusée d’être juges et partie en connivence avec le président sortant en lice et en violation de l’article 39 du décret par de nombreux opérateurs économiques de la région de Ségou. Cet article stipule que : « Le président est élu pour un mandat de 5 ans renouvelable une fois. Nul ne peut exercer plus de deux mandats ». Or l’actuel Président sortant, Ibrahima Doucouré a déjà exercé deux mandats. Le premier de 2015 à 2020 et le second de 2020 à 2025. Ainsi, il ne doit plus prétendre à un troisième mandat au regard des textes en vigueur.
Malgré tout, le richissime estime que l’argent et le trafic d’influence peuvent encore tout gérer dans ce pays. Lui, qui prétend être l’oiseau de tous les printemps, doit comprendre maintenant que les choses ont changé.
Pour une élection transparente et crédible
Pour l’organisation d’une élection transparente et crédible, des membres de l’Assemblée consulaire de la Délégation régionale de la Chambre de commerce et d’industrie de Ségou, il est essentiel de garantir une commission d’organisation indépendante, un cadre juridique équitable. Car la confiance repose sur des procédures uniformes, le respect des droits fondamentaux et des résultats vérifiables. Pour cela, il est souhaitable, voire nécessaire de revoir la composition de la commission d’organisation de l’élection des membres de l’Assemblée consulaire de la Délégation régionale de la Chambre de commerce et d’industrie de Ségou, de s’assurer que les candidats et les électeurs remplissent les conditions édictées par les textes en vigueur. Il y va de la crédibilité des autorités de la Région de Ségou, voire de celles des autorités de la transition.
Aminata Diarra
Source : Mali Tribune
