Le football malien vit un moment historique, rare et lourd de conséquences. Après plusieurs jours de turbulences institutionnelles, le rideau est définitivement tombé ce dimanche 18 janvier 2026 sur le Comité exécutif de la Fédération Malienne de Football (FEMAFOOT). Selon des informations concordantes recoupées par Bamada.net, le président Mamoutou Touré, dit “Bavieux”, ses trois vice-présidents ainsi que les cinq derniers membres encore en fonction ont présenté leur démission.
Cette décision collective met un point final à une séquence de crise ouverte la semaine précédente par la démission en cascade de plus d’une dizaine de membres du Bureau fédéral. L’instance dirigeante du football malien se retrouve désormais totalement vidée de sa substance, ouvrant une période de transition inédite.
Un effondrement total de l’instance dirigeante
Avec ces dernières démissions, la FEMAFOOT ne compte plus aucun membre du Comité exécutif en fonction. Jamais, dans l’histoire récente du football malien, une telle situation ne s’était produite. Ce retrait généralisé du sommet de la pyramide décisionnelle révèle l’ampleur d’un malaise profond, longtemps contenu, mais devenu impossible à masquer.
Crises internes répétées, défiance croissante des acteurs du football, contestations populaires, fragilité des résultats sportifs et gouvernance décriée : tous ces éléments ont convergé pour provoquer l’implosion totale du système fédéral.
Pour de nombreux observateurs interrogés par Bamada.net, cette chute collective n’est pas un accident, mais l’aboutissement logique d’un cycle arrivé à saturation.
De la crise larvée à la rupture définitive
La démission initiale d’une dizaine de membres du Comité exécutif, intervenue quelques jours plus tôt, avait déjà fragilisé irrémédiablement le pouvoir fédéral. Conformément aux statuts, cette première vague avait déclenché une crise juridique majeure.
Mais le retrait, ce 18 janvier, du président Mamoutou Touré, de ses vice-présidents et des derniers membres restants constitue le coup de grâce. Il acte de fait la fin d’une époque, celle d’une gouvernance contestée, marquée par des décisions polémiques et une perte progressive de crédibilité.
Vide juridique et zone d’incertitude
L’absence totale de dirigeants place désormais la FEMAFOOT dans un vide juridique et administratif sans précédent. Plus aucune instance exécutive n’est habilitée à prendre des décisions engageant la fédération.
Les regards se tournent logiquement vers :
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le ministère de la Jeunesse et des Sports,
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la Confédération Africaine de Football (CAF),
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et surtout la FIFA, garante du respect des normes internationales de gouvernance sportive.
Une question centrale domine désormais le débat national :
Le Mali se dirige-t-il vers un comité de normalisation ou vers une refondation complète de son football ?
L’heure des réformes profondes
Pour Bamada.net, cette crise doit être perçue comme une opportunité historique. Plus qu’un simple remplacement de dirigeants, c’est une refondation intégrale du football malien qui s’impose.
Cette réforme, attendue depuis longtemps par les acteurs du sport, devra être conduite avec méthode, transparence et responsabilité, en concertation avec le gouvernement malien et la FIFA, afin d’éviter toute sanction internationale.
Parmi les chantiers jugés prioritaires figurent notamment :
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l’assainissement du secrétariat général et de l’administration fédérale,
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la dissolution des commissions électorales et juridictionnelles controversées,
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la mise en place d’organes réellement indépendants,
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une relecture approfondie des statuts modifiés en mars 2025,
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le réexamen de la gouvernance de certaines ligues et districts mis en place par l’ancien Comité exécutif.
Il ne s’agit plus de colmater des brèches, mais de rebâtir des fondations solides.
Sortir durablement du gouffre institutionnel
Pour sortir durablement le football malien de la spirale des crises, plusieurs voix s’élèvent pour appeler à un renouvellement générationnel et moral. L’heure serait venue de tourner la page des dirigeants à la crédibilité écornée et d’ouvrir l’espace à une nouvelle élite compétente, intègre et porteuse d’un véritable projet de développement.
Le football malien, riche de son potentiel humain et de sa passion populaire, ne peut plus se permettre des querelles intestines au sommet pendant que la base se fragilise.
Une sortie de crise saluée
Il convient toutefois de saluer la gestion diplomatique du gouvernement malien, qui a accompagné cette transition avec prudence, évitant toute ingérence directe susceptible d’entraîner une suspension du Mali par la FIFA.
Respect également aux membres démissionnaires du Comité exécutif qui, cette fois, ont fait le choix de placer l’intérêt supérieur du football malien au-dessus des calculs personnels.
Une nouvelle ère s’ouvre… à ne pas rater
La FEMAFOOT entre dans une phase décisive de son histoire. Une page se tourne, une autre reste à écrire. L’enjeu dépasse les personnes : il concerne l’avenir de toute une discipline, symbole d’unité et de fierté nationale.
Comme le souligne Bamada.net, la crise actuelle peut être soit un nouveau rebondissement, soit le point de départ d’un renouveau durable. Tout dépendra des choix à venir.
Une chose est certaine : le football malien n’a plus droit à l’erreur.
Moussa Keita
Source: Bamada.net
