Le monde culturel malien est en deuil. Au lendemain de la 9ᵉ édition du Festival international du Wasulu (FIWA), un tragique accident de la circulation a coûté la vie à deux membres de l’équipe de l’artiste malienne Oumou Sangaré.
Le drame s’est produit sur la route de retour de Yanfolila vers Bamako, à environ huit kilomètres après Bougouni, alors que le convoi du festival regagnait la capitale malienne. Dans un communiqué empreint d’émotion publié avant-hier lundi 16 février, la diva du Wasulu a annoncé le décès d’Amy Dicko et d’Oumou Keita, deux collaboratrices engagées à ses côtés depuis 2019.
« J’ai le cœur lourd aujourd’hui […] », a-t-elle confié, évoquant des liens tissés au fil des éditions du FIWA. Les deux disparues faisaient partie du noyau rapproché de l’organisation. Elles contribuaient activement à la réussite de l’événement année après année. Le communiqué précise également que Tehia Doho et BenBD, présenté comme le petit frère de l’artiste, ont été blessés dans l’accident. Leur état suscite une vive inquiétude au sein de l’équipe, tandis que des prières sont formulées pour leur prompt rétablissement.
Le Festival international du Wasulu, initié par Oumou Sangaré, s’est imposé comme un rendez-vous culturel majeur dans la région de Bougouni. La 9ᵉ édition a été officiellement lancée le 12 février 2025 à Yanfolila, en présence des autorités politiques, administratives et coutumières. La cérémonie d’ouverture était placée sous la présidence du ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, représenté par son chef de cabinet et un chargé de mission.
Placée sous le signe de la paix et de la cohésion sociale, l’édition 2026 du FIWA, tenue du 12 au 14 février, a célébré la richesse du patrimoine culturel malien à travers des concerts, des panels, des visites touristiques et des expositions artisanales. L’événement s’inscrit dans une dynamique de valorisation des talents et de revitalisation culturelle du terroir.
Mais au-delà des ambitions artistiques et institutionnelles, c’est aujourd’hui la douleur qui domine. « Amy, Oumou […] je ne trouve pas les mots », a également écrit l’artiste Oumou Sangaré, présentant ses condoléances aux familles des victimes. Les galères et les succès partagés depuis 2019 avaient forgé des liens forts au sein de cette « équipe » soudée par la passion.
Alors que les hommages affluent, le FIWA et sa directrice affirment leur solidarité envers les proches des disparues. Le souvenir d’Amy Dicko et d’Oumou Keita restera, selon les mots du communiqué, « à jamais gravé dans nos cœurs ».
Deux âmes s’envolent dans la fleur de l’âge, laissant le monde culturel malien et le FIWA nostalgiques et inconsolables.
KD
Source : Le PAYS
