Bamako, 16 janvier 2026 – Par la Décision n°2026-000048/MATD-SG, le Ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation a procédé à l’interdiction de la circulation, de la distribution et de la vente du journal Jeune Afrique sur l’ensemble du territoire de la République du Mali.
Cette mesure, prise dans un contexte national et régional sensible, s’inscrit dans une logique de protection de la souveraineté, de la stabilité institutionnelle et de la cohésion sociale.
Analyse et décryptage par Bamada.net, média malien attaché à la défense des intérêts supérieurs de la Nation.
Une décision fondée sur le droit et la légalité républicaine
La décision ministérielle repose sur un socle juridique clair et incontestable, notamment :
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la Constitution de la République du Mali ;
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la Charte de la Transition, révisée ;
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la Loi n°00-046 du 7 juillet 2000 portant régime de la presse et délits de presse ;
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le Décret n°2024-0658/PT-RM du 21 novembre 2024 portant nomination des membres du Gouvernement.
Contrairement à certaines interprétations extérieures, il ne s’agit ni d’un acte arbitraire ni d’une remise en cause globale de la liberté de la presse, mais d’une mesure administrative ciblée, motivée par des manquements graves et répétés.
Les griefs officiellement retenus contre Jeune Afrique
Selon l’Article 1er de la décision, l’interdiction est justifiée par plusieurs faits majeurs :
Des accusations fallacieuses et subversives
Le journal est accusé d’avoir relayé des informations jugées infondées concernant le Mali, notamment sur la question sensible de l’approvisionnement en hydrocarbures, contribuant ainsi à semer le doute et l’inquiétude au sein de la population.
Une apologie indirecte du terrorisme
Les autorités estiment que certains contenus publiés tendent à banaliser, voire à légitimer, des narratifs favorables aux groupes armés terroristes, dans un contexte où les Forces armées maliennes mènent une lutte décisive pour la sécurité nationale.
Des allégations non équilibrées d’exactions
Le journal est également mis en cause pour des accusations sans fondement et sans contradictoire contre les autorités des pays de la Confédération des États du Sahel ainsi que contre les Forces armées burkinabè.
Manque d’objectivité et discours orienté
La décision pointe une absence d’objectivité journalistique, une partialité manifeste dans le traitement de sujets sensibles, ainsi que des propos assimilables à de la diffamation et à une incitation à la haine.
Liberté de la presse et responsabilité éditoriale
Au Mali, la liberté de la presse est reconnue et garantie par la loi. Toutefois, comme dans tout État souverain, cette liberté s’exerce dans le respect des textes en vigueur, de l’ordre public et de la stabilité nationale.
Aucun pays au monde n’accepte qu’un média, fût-il international, diffuse des contenus susceptibles d’alimenter les tensions, de fragiliser les institutions ou de compromettre la sécurité collective.
Jeune Afrique : un média panafricain à capitaux et direction extérieurs
Fondé en 1960 par Béchir Ben Yahmed, Jeune Afrique est un mensuel édité à Paris et publié par Jeune Afrique Media Group. Présenté comme un média panafricain de référence, le journal a cependant fait l’objet, au fil de son histoire, de nombreuses controverses et interdictions dans plusieurs pays africains.
Le titre est aujourd’hui détenu par les frères Ben Yahmed ainsi que par des hommes d’affaires ivoiriens proches du pouvoir d’Abidjan, une réalité qui alimente régulièrement les débats sur son indépendance éditoriale et ses orientations géopolitiques.
Le journal revendique la devise « Le devoir d’informer et la liberté d’écrire », mais cette liberté ne saurait justifier la diffusion d’informations jugées déséquilibrées, orientées ou déstabilisatrices pour des États souverains.
Une Transition malienne engagée dans la défense de la souveraineté
Sous la conduite du Général d’Armée Assimi Goïta, Président de la Transition, Chef de l’État, et avec un gouvernement dirigé par le Général de Division Abdoulaye Maïga, également Premier ministre, le Mali affirme une ligne politique claire fondée sur la défense de la souveraineté nationale sous toutes ses formes.
Cette décision s’inscrit dans une dynamique plus large de reconquête de la souveraineté politique, sécuritaire et informationnelle du pays, dans un contexte marqué par des campagnes médiatiques jugées hostiles.
Bamada.net et l’exigence d’une presse responsable
À Bamada.net, nous réaffirmons notre attachement à une presse libre, professionnelle et responsable, au service de l’intérêt général, de la vérité et de la stabilité nationale.
Informer ne signifie pas désinformer. Critiquer ne signifie pas déstabiliser. La liberté d’expression ne peut être confondue avec la liberté de nuire.
L’interdiction du journal Jeune Afrique au Mali ne constitue ni un rejet de la presse internationale ni une remise en cause des libertés fondamentales. Elle traduit une volonté souveraine de protéger l’ordre public, la cohésion sociale et la dignité nationale.
Le Mali assume ses choix et entend rester maître de son espace informationnel.
Bamada. continuera de jouer pleinement son rôle : informer avec rigueur, analyser avec responsabilité et défendre, sans ambiguïté, les intérêts du Mali et de son peuple.
Ladji Djiga Sidibé
Source: Bamada
