Maçons, chauffeurs, pousse-poussiers, bagagistes ou encore agents de nettoyage ! Travailler tout en observant le jeûne est un défi extrême pour certains corps de métiers physique et difficile. Entre le sens du devoir et la foi et la pénibilité des métiers qu’ils exercent, nous sommes allés à la rencontre de ces travailleurs dans la capitale malienne.
Malgré les revenus souvent modestes et la fatigue corporelle infligée, de nombreux ouvriers exerçant des métiers physiques continuent leurs activités pendant le mois de ramadan tout en observant le jeûne.
Abdoul Karim Diallo est un ancien ouvrier de l’usine Tôle-Mali. Il a consacré 24 ans de sa vie à transporter des seaux de peinture. Aujourd’hui à la retraite, il s’est reconverti dans le commerce et le transport des matériels de construction et divers sur son tricycle qu’il conduit lui-même, souvent avec l’aide de son fils. Pour M. Diallo, le jeûne et le travail sont compatibles . « Jeûner et travailler n’est pas si difficile que ça, il faut juste s’adapter et garder l’équilibre », explique-t-il.
Habitué à travailler du matin au petit soir sans manger, l’ouvrier affirme que le jeûne ne le dérange pas physiquement et l’’apaise même. « Le jeûne est très important pour moi. Il m’apaise. En plus, j’ai l’impression d’être encore plus proche de mon Créateur », confie-t-il.
Musulman pratiquant, Mohamed Traoré est maçon de profession et agent de voirie. Tout comme Abdoul, Mohamed poursuit aussi ses activités durant le mois de ramadan.
A l’exception du vieux conducteur, il dit réduire ses heures de travail durant le mois, mais n’abandonne pas totalement le chantier. Il explique sa motivation : « Je dois nourrir mes frères et m’assurer de leur bien-être tout en leur prouvant qu’on peut jeûner et continuer à exercer son métier. Chaque jeune doit être capable d’accomplir ce devoir religieux sans prétexte quand la santé le lui permet », est-il convaincu.
Un avis que partage Issa Coulibaly. Ce jeune chauffeur transporteur de sable et gravier depuis un an et demi se dit encore prêt à accomplir ce pilier important de l’islam cette année tout en restant derrière le volant de son camion benne. « Je l’ai déjà fait et je vais le refaire si Dieu me le permet. Tant que je suis en bonne santé, c’est une obligation que je me suis imposé », affirme-t-il
Issa Coulibaly voit également le mois de ramadan comme un mois de repentance et de gratitude envers Dieu.
Malgré leur journée de travail épuisante et des revenus parfois modestes, ces ouvriers de Bamako et ses environs restent accrochés au jeûne. Ils sont unanimes que le ramadan est un mois de pénitence, de confession et de pardon.
Awa Ouattara
(stagiaire)
Source : Mali Tribune
