Mali / Hydrocarbures : Plus de 54 millions de litres importés en dix jours pour résorber la pénurie.

Retour à la normale : 1 192 camions-citernes mobilisés pour approvisionner le pays en janvier.

Le gouvernement malien, à travers le ministère de l’Industrie et du Commerce, poursuit ses efforts pour sécuriser l’approvisionnement national en hydrocarbures dans un contexte marqué par une forte demande et des contraintes logistiques persistantes. La 12ᵉ réunion du cadre de concertation entre l’État et les acteurs du secteur pétrolier, tenue le jeudi 22 janvier 2026 à Bamako, a permis de faire le point sur la situation des importations et le niveau de ravitaillement des stations-service à travers le pays.

Présidée par le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, cette rencontre a réuni les principaux acteurs du secteur, notamment le Groupement Professionnel du Pétrole (GPP) et le Groupement Malien des Professionnels du Pétrole (GMPP). Les échanges ont porté sur les volumes de carburant importés, les difficultés rencontrées sur le terrain ainsi que les mesures à court et moyen termes pour améliorer durablement la disponibilité des produits pétroliers.

Des volumes d’importation en nette progression

Selon les données présentées par le Directeur général du Commerce, de la Consommation et de la Concurrence, plus de 54 millions de litres de carburant ont été importés au Mali sur une période de dix jours, traduisant une dynamique encourageante dans le réapprovisionnement du marché national.

Dans le détail, 40 348 300 litres ont été importés entre le 12 et le 18 janvier 2026, correspondant à 875 camions-citernes, avec un taux de ravitaillement des stations estimé à 53,9 %. À ces volumes s’ajoutent 14 445 025 litres supplémentaires acheminés entre le 13 et le 21 janvier 2026, soit 317 citernes, représentant un taux de ravitaillement de 21,4 %.

Ces quantités ont permis de renforcer l’alimentation des stations-service, contribuant ainsi à une réduction sensible des longues files d’attente observées ces dernières semaines dans plusieurs localités du pays, notamment à Bamako et dans les grandes villes de l’intérieur.

Des difficultés persistantes, mais des réponses concertées

Malgré cette amélioration progressive, les participants à la réunion n’ont pas éludé les difficultés qui subsistent. Les problèmes liés au rationnement, à la gestion des flux et à la constitution de réserves stratégiques ont été abordés de manière franche et constructive.

Les acteurs du secteur ont réaffirmé la nécessité de maintenir un rationnement encadré, combiné à la mise en place d’un stock de sécurité, afin de garantir un approvisionnement régulier et maîtrisé. Cette approche vise à prévenir les ruptures brutales, tout en assurant une distribution plus équitable des hydrocarbures sur l’ensemble du territoire national.

L’urgence d’un stock de sécurité commercial

Prenant la parole, le ministre Moussa Alassane Diallo a insisté sur l’urgence de mettre en place un stock de sécurité commercial, considéré comme un outil stratégique pour anticiper les besoins futurs. Cette mesure apparaît d’autant plus cruciale à l’approche du mois de Ramadan, période traditionnellement marquée par une hausse significative de la consommation de carburant.

Pour le ministre, une meilleure anticipation permettra non seulement d’ajuster les décisions réglementaires, mais aussi de rassurer les populations et les opérateurs économiques quant à la continuité de l’approvisionnement.

Une accalmie progressive observée sur le terrain

Les discussions ont également mis en évidence une accalmie relative observée ces derniers jours, consécutive à l’augmentation du nombre de camions-citernes entrant sur le territoire national depuis le 12 janvier 2026. Cette évolution, jugée encourageante par les participants, laisse entrevoir une amélioration progressive et durable de la situation.

Toutefois, les autorités et les professionnels du secteur s’accordent sur la nécessité de rester vigilants. La sécurisation de l’approvisionnement en hydrocarbures demeure un enjeu majeur pour l’économie nationale, le transport, l’industrie et la vie quotidienne des citoyens.

Une dynamique à consolider

À l’issue de cette 12ᵉ réunion du cadre de concertation, l’ensemble des parties prenantes ont réaffirmé leur engagement à poursuivre le dialogue et à renforcer la coordination entre l’État et le secteur privé. L’objectif commun reste clair : assurer un approvisionnement stable, transparent et suffisant en hydrocarbures, au bénéfice des populations maliennes.

Selon les informations recueillies par Bamada.net, d’autres rencontres techniques sont prévues dans les semaines à venir afin de suivre l’évolution de la situation et d’adapter les mesures en fonction des réalités du terrain.

 

Moise Touré

 

Source: Bamada

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