Toute circulation, distribution et vente du Journal « Jeune Afrique » ont été, depuis le 16 janvier dernier, formellement interdites sur le territoire national du Mali. L’annonce a été faite dans un communiqué rendu public par le Général de Division Abdoulaye Maïga, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, non moins Premier ministre. Ainsi, de nombreuses raisons ont été avancées pour justifier la décision du gouvernement.
Cette décision fait allusion à plusieurs textes, notamment à la Constitution de 2023 ; la Charte de la Transition, révisée ; la Loi n°00-046 du 07 juillet 2000, portant régime de la presse et délit de presse ; le Décret n°2024-0658/PT-RM du 21 novembre 2024, portant nomination des membres du Gouvernement et la nécessité de préserver l’ordre public. En vertu de ces textes ci-dessus mentionnés, le Général de Division Abdoulaye Maïga a indiqué, « la circulation, la distribution et la vente du journal « Jeune Afrique » sont interdites sous toutes les formes en République du Mali ».
Quant aux raisons, il dira ceci aux maliens, « pour les raisons suivantes : accusations fallacieuses et subversives contre le Mali suite à la perturbation de l’approvisionnement en hydrocarbures ; apologie du terrorisme ; accusations sans fondement et absence d’équilibre dans le traitement de l’information par des allégations d’exactions contre une partie de la population, portées contre les autorités des pays de la Confédération des Etats du Sahel et à l’ensemble des Forces Armées burkinabè ». Parmi les raisons évoquées figurent l’absence d’objectivité journalistique dans le traitement des sujets sensibles ; la partialité et le discours orienté ; la diffamation et l’incitation à la haine provenant du journal « Jeune Afrique ».
Telles restent les constations faites dans le travail de l’organe de presse par le premier responsable du département de tutelle. Et de mettre en garde les lecteurs et les vendeurs du journal international. « Tout contrevenant aux dispositions de la présente décision s’expose aux sanctions prévues par la réglementation en vigueur ». Ajoutons que d’autres médias internationaux ont été également suspendus sous la transition ce, via la Haute Autorité de la Communication (HAC). Pour de « graves manquements à l’éthique et à la déontologie » ainsi qu’à des « violations manifestes des textes législatifs et règlementaires régissant les médias », la Haute Autorité de la Communication (HAC) a décidé, en 2025, du retrait de deux chaines françaises de télévision, LCI et TF1, de tous les bouquets de diffusion au Mali ce, « jusqu’à nouvel ordre ». Pour la circonstance, elle avait étayé que la sanction faisait suite à la délibération du collège des membres de la HAC, en date du 12 novembre 2025. A cela s’associe la sanction prise contre TV5 Monde en mai 2025, consécutive à un reportage jugé « partial ».
Mamadou Diarra
Source : Le PAYS
