Orientations économiques et budgétaires du Mali : Cap sur le budget 2027

Le jeudi 26 février 2026, le ministère de l’Économie et des Finances a donné le coup d’envoi des travaux préparatoires du budget 2027 lors d’une conférence solennelle présidée par le ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances Alousseini Sanou.

Cette rencontre a réuni les principaux acteurs économiques et financiers du pays, ainsi que les partenaires techniques et institutionnels.

En ouverture, le directeur général du Budget, Amadou Tidiane Haïdara, a dressé un panorama des finances nationales. Il a rappelé que le Mali table en 2026 sur une croissance de 6,3 %, avec une inflation maîtrisée autour de 3 %. L’endettement public, évalué à 54 % du PIB en 2025, devrait reculer à 43 % en 2026, tandis que le déficit budgétaire est passé de 2,5 % en 2022 à 1,5 % en 2025.

Concernant l’exécution du budget 2025, M. Haïdara a indiqué un taux de réalisation de 96 %, légèrement en deçà des 98 % enregistrés l’année précédente. Il a salué ce niveau jugé satisfaisant, tout en pointant la faible mobilisation des financements extérieurs.

La politique budgétaire de l’année en cours s’articule autour de trois priorités essentielles.

D’abord, le gouvernement met l’accent sur le renforcement de la collecte des recettes, afin d’assurer une mobilisation optimale des ressources internes et de réduire la dépendance vis-à-vis des financements extérieurs. Ensuite, une attention particulière est portée à la rationalisation des dépenses publiques, avec pour objectif d’améliorer l’efficacité de la gestion budgétaire et de garantir une utilisation plus rigoureuse des fonds de l’État. La stratégie budgétaire privilégie les secteurs stratégiques, notamment la défense et la sécurité, ainsi que les services sociaux de base, considérés comme des piliers indispensables à la stabilité nationale et au bien-être des populations.

Pour l’élaboration du prochain budget, le Mali adopte une approche prudente, fondée sur l’analyse des écarts passés et sur des hypothèses réalistes. Parmi celles-ci figurent un environnement international favorable, marqué par la hausse attendue du cours de l’or, la baisse du prix du pétrole et la stabilisation du coton. Une dynamique économique renforcée au sein de l’espace AES, portée par une amélioration progressive de la situation sécuritaire et politique. Une augmentation des exportations et des crédits à l’économie.

La répartition sectorielle de la croissance projetée pour 2027 prévoit une contribution de 28,5 % du secteur primaire, 30,9 % du secondaire et 32,5 % du tertiaire.

Dans son allocution, Alousseini Sanou a salué la tenue de cette conférence, qu’il considère comme un moment clé pour tirer les enseignements de l’exécution budgétaire passée et définir les priorités stratégiques de l’action publique.

Malgré les turbulences géopolitiques mondiales, il a jugé le contexte macroéconomique national « globalement rassurant ». Selon lui, le PIB réel, estimé à 5,6 % en 2025, devrait progresser à 6,3 % en 2026 puis 6,5 % en 2027. L’inflation, contenue sous la barre communautaire de 3 %, devrait rester maîtrisée grâce à une politique monétaire prudente, aux efforts conjoints du gouvernement et des acteurs économiques, ainsi qu’à une campagne agricole prometteuse.

Ousmane Mahamane

Source : Mali Tribune

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