Les Maliens n’attendent plus des annonces, mais des résultats. Le gouvernement du 12 février 2026 porte désormais une responsabilité claire : transformer les promotions et les réaménagements en réponses concrètes aux souffrances quotidiennes.
La question n’est donc pas seulement de savoir s’il est le bon gouvernement. La question est de savoir s’il sera le gouvernement des solutions.
Le remaniement ministériel intervenu le jeudi 12 février 2026, acté par le décret présidentiel n°2026-062/PTRM, ouvre une nouvelle séquence politique. Mais au-delà des promotions et des réaménagements techniques, une question s’impose : ce gouvernement est-il celui qui soulagera réellement les souffrances des Maliens ?
Le texte abroge le décret du 21 novembre 2024, sans bouleverser en profondeur l’architecture de l’exécutif. La structure globale reste stable. Les ajustements sont ciblés. Dès lors, faut-il y voir une continuité assumée ou un véritable changement de cap ?
La promotion au rang de ministre d’Etat du général de Corps d’armée Sadio Camara (Défense et Anciens Combattants), du général de Corps d’armée Ismaël Wagué (Réconciliation nationale, Paix et Cohésion nationale) et de Alousseni Sanou (Economie et Finances) traduit une confiance renouvelée du Chef de l’Etat envers ces piliers du dispositif gouvernemental.
Mais cette élévation statutaire suffira-t-elle à produire des résultats concrets ?
Dans un pays confronté à l’insécurité persistante, aux tensions sociales et aux difficultés économiques, la question n’est plus celle du rang protocolaire, mais de l’impact sur le terrain. La défense gagnera-t-elle en efficacité opérationnelle ? La réconciliation progressera-t-elle au-delà des discours ? Les finances publiques permettront-elles de desserrer l’étau du coût de la vie ?
Au ministère de l’Agriculture, Daniel Siméon Kelema cède sa place à Ibrahima Samaké. Dans un pays où l’agriculture demeure le socle de l’économie et le principal pourvoyeur d’emplois, ce changement est stratégique.
Mais les producteurs verront-ils une amélioration de l’accès aux intrants pour la saison des cultures à venir ? Les questions de sécurité alimentaire, de transformation locale et de modernisation des exploitations trouveront-elles des réponses concrètes ? Le défi dépasse la nomination : il exige des moyens financiers, une planification rigoureuse et un accompagnement de proximité.
Le portefeuille de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, jusque-là assuré par le Premier ministre Abdoulaye Maïga, est désormais confié au général de Brigade Issa Ousmane Coulibaly. Ce transfert traduit-il une volonté d’efficacité accrue dans la gestion territoriale et l’organisation administrative ?
Dans un contexte de transition politique et de réformes institutionnelles, la cohésion nationale ne dépend pas uniquement de la sécurité, mais aussi de la crédibilité des institutions locales. La décentralisation sera-t-elle enfin renforcée dans les faits ?
A la Refondation de l’Etat et aux Relations avec les Institutions, Yaya Golobo prend les commandes. Là encore, l’enjeu est majeur : modernisation institutionnelle, crédibilité de l’Etat, confiance citoyenne. Mais la réforme sera-t-elle accélérée ou restera-t-elle cantonnée aux textes ?
Energie et eau : le test social
La nomination de Tiémoko Traoré à l’Energie et à l’Eau touche directement au quotidien des populations. Coupures d’électricité, accès limité à l’eau potable, coût des services : ce ministère est au cœur des frustrations sociales.
Le nouveau titulaire parviendra-t-il à améliorer l’offre énergétique et hydraulique et arrivé là où ses prédécesseurs n’ont pu faire ? Sous M. Traoré, comment les maliens vont vivre le mois de Ramadan et de Carême ? Vont-ils se contenter des 7 à 8 heures notamment pendant la nuit ? Les investissements suivront-ils ? Car sans budget conséquent, les intentions resteront lettre morte.
Au final, ce remaniement apparaît mesuré. Il consolide les secteurs jugés prioritaires : défense, finances, réconciliation et procède à des ajustements ciblés. Mais il ne bouleverse pas l’équilibre général.
La vraie interrogation demeure
Ce gouvernement sera-t-il celui de l’efficacité visible et mesurable ? Sera-t-il capable de réduire la pression sociale, de stabiliser l’économie, d’améliorer les services publics ? Ou s’inscrira-t-il dans la continuité d’une gouvernance prudente, sans rupture significative ?
Les Maliens n’attendent plus des annonces, mais des résultats. Le temps politique ne coïncide plus avec le temps social. Ce gouvernement du 12 février 2026 porte désormais une responsabilité claire : transformer les promotions et les réaménagements en réponses concrètes aux souffrances quotidiennes.
La question n’est donc pas seulement de savoir s’il est le bon gouvernement. La question est de savoir s’il sera le gouvernement des solutions.
B.S.
Source : Arc en Ciel
