Capitale économique et administrative du Mali, Bamako concentre la circulation routière la plus dense du pays. Pourtant, la ville continue de voir circuler un nombre important de véhicules en état de vétusté avancée, posant de sérieux problèmes de sécurité et d’environnement.
Voitures sans phares fonctionnels, sans clignotants, parfois avec un système de freinage douteux : ces engins d’un autre âge sillonnent quotidiennement les artères de la capitale, souvent au vu et au su des services compétents, notamment de la police routière.
La présence de ces véhicules constitue un risque majeur pour les usagers. Manque d’entretien, défaillances mécaniques, équipements inexistants ou hors d’usage : autant de facteurs qui augmentent la probabilité d’accidents.
Certains véhicules circulent dans des états alarmants, avec des carrosseries déformées, des châssis instables ou des pneus usés jusqu’à la corde. D’autres assurent le transport de passagers dans des conditions peu conformes aux normes minimales de sécurité et de dignité : sièges délabrés, surcharge manifeste, promiscuité excessive.
Dans une ville où les embouteillages sont devenus quotidiens et où la circulation est déjà complexe, ces défaillances techniques aggravent la vulnérabilité des conducteurs, des passagers et des piétons.
Au-delà des risques d’accidents, ces véhicules vétustes contribuent fortement à la pollution atmosphérique. Les moteurs anciens, souvent mal entretenus, émettent des fumées épaisses et des particules nocives, accentuant la dégradation de la qualité de l’air dans la capitale.
Dans un contexte où les pathologies respiratoires sont en hausse, la question de la régulation du parc automobile s’impose comme un enjeu de santé publique.
La responsabilité humaine demeure certes la principale cause des accidents de la route. Toutefois, l’état technique des véhicules constitue un facteur aggravant non négligeable.
Face à la multiplication de ces engins vétustes, des mesures plus rigoureuses pourraient être envisagées : contrôles techniques renforcés, retrait progressif des véhicules les plus dangereux, incitations au renouvellement du parc automobile, meilleure application des textes en vigueur.
Bamako, en tant que vitrine du pays, mérite un système de transport plus sûr et plus respectueux de l’environnement. La régulation des véhicules en mauvais état apparaît désormais comme une nécessité pour préserver la sécurité routière et la santé des citoyens.
Ibrahima Ndiaye
Source : Mali Tribune
