Parmi les représentants des confessions religieuses, le président du Haut Conseil Islamique du Mali (HCIM), Ousmane Chérif Madane Haïdara, a profité de la présentation des vœux du nouvel An au Président de la Transition, Général d’Armée Assimi GoPita, pour dénoncer certaines pratiques contre l’islam, notamment les propos blasphématoires. C’était en date du 12 janvier à Koulouba.
Selon Ousmane Chérif Madane Haïdara, la situation que traverse notre pays est, aujourd’hui, particulièrement éprouvante pour les Maliens. C’est pourquoi, dit-il, « je voudrais commencer par faire des bénédictions pour le Mali, pour vous et pour les Maliens : qu’Allah protège le Mali contre ses ennemis, qu’il vous assiste, Monsieur le Président de la Transition, dans vos efforts de recherche de solutions aux problèmes du Mali et des Maliens, qu’Il soutienne les Maliens dans leur résilience et renforce leur amour de la patrie ». Au Général d’Armée Goïta, le président du HCIM a raconté qu’Allah, le Tout-Puissant, dit ceci dans le Saint Coran : « Ô les croyants ! Cherchez secours dans l’endurance et la Salát (Prière). Car Allah aime ceux qui sont endurants ». (Sourate 2, la Vache, Verset 153) ! C’est en s’appuyant sur cet ordre divin et sur la tradition du Prophète Mouhammad (Paix et Salut d’Allah sur lui) » que le Haut Conseil Islamique du Mali, de concert avec la LIMAMA, a récemment demandé aux Imams de faire des Dou’a (Qounout) pour le pays durant les prières, exhortant les musulmans à la patience et à la solidarité en cette difficile période. S’adressant au Chef de l’Etat, l’intervenant a rappelé que la Conférence Nationale des Oulémas, Organe suprême du HCIM en matière d’interprétation théologique a, en 2012, élaboré un document intitulé « Prise des armes pour l’application de la Charia à notre époque », adopté par la suite par le HCIM en date du 23 septembre 2012 à Bamako. Ce document fait clairement ressortir que les actes posés au Mali au nom de l’Islam par certains groupes armés, jurent avec les principes du djihad en Islam, tant par l’identité des acteurs, leurs objectifs, leurs cibles que par leur mode opératoire. C’est pourquoi, depuis 2012, le Haut Conseil Islamique du Mali récuse l’appellation « djihadiste » quand il s’agit de ces groupes. « Au Haut Conseil Islamique du Mali, nous sommes d’accord avec vous, lorsque vous apportez, à l’occasion de vos adresses aux forces vives de la Nation, la précision que nous sommes confrontés actuellement, non pas à une guerre de religion, mais plutôt au terrorisme dont les créateurs, les soutiens et les objectifs sont bien connus », a-t-il argué, précisant que l’Islam résume l’importance et la responsabilité d’un chef (au sens large). Ce qui veut dire que chaque chef est un berger qui devra un jour rendre compte de la façon dont il a conduit son troupeau.
Un accent sur les propos blasphématoires contre l’islam
« Je voudrais alors ici exprimer la disponibilité du Haut Conseil Islamique du Mali de continuer à jouer pleinement sa partition dans la sensibilisation de la communauté musulmane aux valeurs de la prière, de la patience et au renforcement de la cohésion sociale et du vivre-ensemble au Mali. Nous continuerons également, et malheureusement, à dénoncer et å condamner les actes et propos blasphématoires contre l’Islam et ses symboles et qui sont légion dans notre pays. Ces actes constituent des menaces sérieuses pour la paix et la cohésion sociale dont nous avons tant besoin », a déclaré le Président, saluant la bravoure des Forces armées maliennes et des Forces de Défense et de Sécurité qui, au quotidien, payent le plus fort prix pour la quiétude des Maliens.
Mamadou Diarra
Source : Le PAYS
