Affaire libyenne en France: Sarkozy contredit son ancien bras droit

L’ex-président français Nicolas Sarkozy a contredit, mercredi dans son procès en appel à Paris, son ancien bras droit Claude Guéant dans l’affaire du financement libyen présumé de sa campagne présidentielle de 2007, en réfutant un point central de l’accusation.

Nicolas Sarkozy est rejugé depuis mi-mars, soupçonné d’avoir perçu des fonds secrets de la Libye du dictateur Mouammar Kadhafi pour sa campagne présidentielle.

Mercredi il a nié que Mouammar Kadhafi ait évoqué le sort judiciaire de son beau-frère – condamné en France-, lors d’un dîner officiel à Tripoli en 2007, juste après son accession à la présidence de la République, et qu’il ait lui-même demandé à M. Guéant de s’occuper de ce sujet.

« La seule fois où M. Kadhafi m’en a parlé, c’est en 2005 », lors d’une visite que M. Sarkozy effectuait en tant que ministre de l’Intérieur, a ajouté ce dernier, qui avait déjà expliqué avoir alors formulé une fin de non-recevoir à cette requête.

Le point est central : l’accusation soupçonne qu’un « pacte de corruption » a été conclu entre le camp Sarkozy et les autorités libyennes, qui auraient accepté le principe d’un financement de sa campagne présidentielle de 2007 en échange d’un certain nombre de contreparties, dont l’examen du sort judiciaire d’Abdallah Senoussi, condamné en France à la réclusion criminelle à perpétuité pour l’attentat de 1989 contre le DC-10 d’UTA (170 morts).

Dans des courriers datés du 11 et du 26 avril et transmis à la cour par son avocat, Claude Guéant, qui ne peut assister au procès pour raisons de santé, a raconté pour la première fois une version inédite d’un dîner officiel, le 25 juillet 2007.

Selon lui le chef de l’État l’aurait mandé pour que Mouammar Kadhafi lui répète « la préoccupation qu’il venait de lui exprimer concernant Senoussi ». « Claude, voyez cela », aurait intimé M. Sarkozy.

M. Guéant expliquant ensuite avoir su qu’il était impossible de donner satisfaction aux Libyens au sujet de Senoussi.

« Je confirme ce qu’affirme M. Guéant : jamais ni lui ni moins nous n’avons voulu faire quelque chose pour Senoussi » ou « n’avons donné le sentiment aux Libyens de vouloir faire quelque chose pour Senoussi », a martelé Nicolas Sarkozy devant la cour.

« Je ne dis pas que M. Guéant ment », « sa mémoire a évolué », a-t-il poursuivi. « Pour des faits qui ont 19 ans, la mémoire de chacun peut évoluer », a-t-il ajouté.

MM. Sarkozy et Guéant avaient tous deux fait appel de leurs condamnations à respectivement cinq et six ans de prison ferme, reconnus coupables d’association de malfaiteurs pour ce « pacte de corruption » avec la Libye de Kadhafi, qu’ils démentent tous les deux.

Source : Le Journal de Montréal

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