Aïd El Kebir : Entre sacrifices et solidarités

À quelques jours de l’Aïd El-Kebir, les familles de Bamako tentent de maintenir les préparatifs de la fête malgré une forte hausse du coût de la vie.

Entre inflation, prix élevés des moutons et difficultés financières, chacun cherche des solutions pour préserver cette célébration majeure du calendrier musulman.

Dans les quartiers de la capitale, les marchés s’animent progressivement. Mais derrière l’effervescence habituelle, de nombreux ménages reconnaissent traverser une période particulièrement difficile.

Pour M. Sanogo, il est impensable de renoncer à la fête malgré les contraintes économiques.

« Nous gardons espoir en Dieu pour nous éclairer avant le jour J. Avec les prêts bancaires et la vente de petits animaux, nous préparons la fête tout en assurant les besoins de la famille », explique-t-il.

Comme lui, plusieurs chefs de famille multiplient les stratégies pour réunir les moyens nécessaires : économies progressives, recours au crédit ou encore vente de quelques biens domestiques. D’autres Bamakois se montrent plus préoccupés. Un conducteur de moto-taxi décrit un quotidien devenu difficile à gérer : « Aujourd’hui, tout coûte cher et nous n’arrivons plus à mettre de l’argent de côté. Même le prix des moutons a augmenté».

Cette flambée des prix intervient dans un contexte où les dépenses liées à la fête sont nombreuses : achat du mouton, habillement des enfants, nourriture et accueil des proches.

Face à cette pression financière, certaines familles adoptent désormais une gestion plus rigoureuse de leurs revenus.

M. Oumar Togo affirme avoir commencé à économiser plusieurs mois à l’avance afin d’éviter les dépenses de dernière minute. « Nous mettons un peu d’argent de côté depuis plusieurs mois pour préparer la Tabaski. Cela m’aide à éviter les dépenses brusques. Traditionnellement, c’est un moment essentiel pour partager avec la famille », souligne-t-il. Cette anticipation traduit la volonté de nombreux ménages de préserver le caractère spirituel et social de l’Aïd el-Kebir, malgré les difficultés économiques.

Au-delà des efforts individuels, plusieurs initiatives communautaires et humanitaires émergent pour soutenir les familles les plus vulnérables.

M. Coulibaly Aboubacar, membre d’une association humanitaire, annonce ainsi une opération de solidarité à l’occasion de la fête : « Nous avons prévu d’offrir quinze bœufs aux familles démunies ». À travers ces gestes, de nombreuses organisations cherchent à maintenir l’esprit de partage qui caractérise traditionnellement la Tabaski.

Malgré la cherté de la vie, les Bamakois s’efforcent donc de préserver l’essentiel : célébrer la fête dans la dignité, la foi et la solidarité.

Marie Augustine Togo

(Stagiaire)

Source : Mali Tribune

Laisser un commentaire