Alerte de l’OMS qui tient sa 79e AG en Suisse : Ebola revient sans aucun traitement disponible

La soixante-dix-neuvième Assemblée mondiale de la Santé se tient actuellement à Genève (du 18 au 23 mai 2026).

Le Dr Víctor Elías Atallah Lajam (République dominicaine) en a été élu Président. Cette Assemblée mondiale de la Santé se tient au moment où cette terrible épidémie d’Ebola s’est déclarée en RDC et, par contagion, s’est déjà manifestée en Ouganda. L’OMS a déjà lancé une alerte mondiale d’urgence de santé publique.

Ebola revient ! Cette maladie très redoutée a encore commencé à faire parler d’elle en Afrique. Encore en République Démocratique du Congo, peut-on dire. La rapidité de la propagation inquiète et renvoie déjà à de mauvais souvenirs d’il y a quelques années, lorsqu’à partir de la RDC le virus avait commencé à faire un rapide tour de l’Afrique, semant la désolation sur son passage.

L’on se rappelle, au Mali, ces jours de mobilisation au cours desquelles il a fallu déployer un trésor d’ingéniosités soutenu par une débauche d’énergie du personnel de santé pour gagner la guerre contre cette pandémie qui avait violé nos frontières à partir de la Guinée voisine pour rallier rapidement Bamako.

Sur les 17 épidémies d’Ebola enregistrées en RDC depuis 1976 15 sont dues à la souche appelée Zaïre, à juste titre, pour marquer l’histoire. Les deux autres épidémies étaient causées par la souche appelée Bundibugyo.

Il faut préciser, à ce niveau, que les outils conçus pour lutter contre l’Ebola et les protocoles de traitements mis en place avec l’homologation de l’OMS sont contre la souche Zaïre. Rien, pour le moment, n’existe contre la souche Bundibugyo qu’on considère, pour le moment comme le virus tueur qui sévit actuellement. Pour le moment, la RDC se console de son expérience pour avoir géré et contenu 15 épidémies sans vaccin ni traitement, mais uniquement en mettant en œuvre des mesures vigoureuses de santé publique dont, principalement, la prévention pour rompre la chaîne de contamination et ainsi arrêter la propagation du virus. C’est bon de se consoler de cela à défaut de vaccin et de traitement, mais il faut aussi se rappeler le bilan macabre enregistré lors de chaque épidémie d’Ebola.

D’ores et déjà, le Rwanda a adopté une posture d’isolement en fermant les barrières des deux côtés de la frontière. Pays voisin dont la proximité crée une menace immédiate de contagion, surtout que c’est cette région de Goma qui est la plus touchée, le Rwanda a tôt fait de fermer sa frontière. Après avoir apprécié la situation, l’OMS a fait une déclaration mondiale d’urgence de santé publique.

« Conformément au paragraphe 2 de l’article 12 du Règlement sanitaire international (2005) (RSI) (Détermination de l’existence d’une urgence de santé publique de portée internationale, y compris d’une urgence due à une pandémie), le Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), après avoir consulté les États Parties où l’événement se produit actuellement, détermine que la maladie d’Ebola due au virus Bundibugyo en Ouganda et en République démocratique du Congo constitue une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI), mais ne répond pas aux critères d’une urgence due à une pandémie, tels que définis dans le RSI. » L’OMS, dans la même déclaration, précise : « Dans sa décision, le Directeur général de l’OMS a tenu compte, entre autres, des informations fournies par les États Parties – l’Ouganda et la République démocratique du Congo -, des principes scientifiques, ainsi que des éléments de preuve scientifiques disponibles et autres informations pertinentes et a évalué le risque pour la santé humaine, le risque de propagation internationale de la maladie et le risque d’entraves au trafic international « .Ce qui oblige tous les Etats-membres (ils sont 194 y compris le Mali) à prendre des mesures urgentes dont principalement : le renforcement de la surveillance à tous les niveaux possibles et la préparation d’un plan d’intervention en cas de contamination. C’est d’autant plus important que, conformément aux préoccupations exprimées par l’OMS : « L’événement exige une coordination et une coopération internationales pour comprendre l’ampleur de la flambée, coordonner la surveillance, la prévention et la riposte, pour étendre et renforcer les opérations et pour garantir la possibilité de mettre en œuvre des mesures de lutte. »

 Amadou B. NIANG, Journaliste et Consultant indépendant

Source : Aujourd’hui-Mali

Laisser un commentaire