A l’issue d’une vérification de performance couvrant la période du 1er janvier 2022 au 30 septembre 2025, le Bureau du Vérificateur général a relevé plusieurs dysfonctionnements dans la gouvernance…
A l’issue d’une vérification de performance couvrant la période du 1er janvier 2022 au 30 septembre 2025, le Bureau du Vérificateur général a relevé plusieurs dysfonctionnements dans la gouvernance, la gestion des ressources et les activités opérationnelles du Centre national de transfusion sanguine.
Dans le cadre de son programme d’activités, le Bureau du Vérificateur général a procédé à la vérification de performance de la gestion du Centre national de transfusion sanguine (CNTS) pour la période allant du 1er janvier 2022 au 30 septembre 2025.
Cette mission avait pour objectif de déterminer dans quelle mesure les organes d’administration, de gestion et de consultation du CNTS jouent pleinement leur rôle et de s’assurer que les activités opérationnelles sont mises en œuvre de manière économique, efficiente et efficace au regard des missions assignées au Centre.
Les travaux ont porté sur le fonctionnement des organes d’administration, de gestion et de consultation, la gestion des ressources humaines, financières et matérielles ainsi que sur les activités opérationnelles, notamment les opérations de sensibilisation, de collecte, de préparation et de distribution des produits sanguins labiles.
Une gouvernance institutionnelle perfectible
La vérification a révélé que le conseil d’administration et le Comité scientifique et technique n’ont tenu chacun qu’une seule session ordinaire par an, au lieu des deux prévues par les textes. Elle a également constaté que les textes d’application de la Loi n°2022-003 du 20 mai 2022 relative à la transfusion sanguine, notamment ceux portant sur la traçabilité et la délivrance du sang et de ses dérivés, n’ont pas encore été adoptés.
La mission a recommandé au ministre chargé de la Santé de veiller à l’adoption de la Politique nationale de transfusion sanguine et de son plan d’actions ainsi qu’à l’élaboration des textes d’application de la loi. Elle a également invité les responsables des organes d’administration et de consultation à assurer la tenue régulière des sessions ordinaires.
Des ressources matérielles insuffisantes
Le rapport souligne plusieurs insuffisances susceptibles d’affecter l’efficience et la qualité des prestations du CNTS. Le Centre ne dispose pas d’un schéma d’approvisionnement en réactifs et consommables indispensables aux activités de transfusion sanguine et aux examens de routine. Les équipements médico-techniques disponibles demeurent insuffisants au regard des besoins actuels.
Par ailleurs, les locaux sont vétustes et les infrastructures inadaptées, ce qui pourrait compromettre la qualité des produits sanguins, la sécurité des opérations et la confidentialité de certaines activités.
La mission recommande au directeur général du CNTS de mettre en place un schéma d’approvisionnement en réactifs et consommables et de doter le Centre d’un progiciel adapté à ses besoins.
Des lacunes dans la gestion des déchets
La vérification a également constaté que le CNTS ne respecte pas pleinement les mesures requises pour la conservation des déchets à risque élevé, notamment les déchets piquants et coupants, les déchets infectieux ou biologiques ainsi que les déchets chimiques ou pharmacologiques.
Pour remédier à ces insuffisances, la mission recommande la fermeture de la décharge des déchets solides et biomédicaux, l’identification, la catégorisation et l’entreposage des déchets conformément aux normes en vigueur ainsi que la mise en place d’un mécanisme opérationnel de gestion des réactifs chimiques périmés ou avariés.
Collecte et distribution du sang : un dispositif peu performant
Les vérificateurs ont conclu à une efficacité insuffisante du dispositif de collecte et de distribution. Le CNTS ne dispose ni d’un programme de collecte de sang élaboré et validé, ni d’un programme de sensibilisation au don de sang destiné à recruter, encourager et fidéliser les donneurs.
Cette absence de planification contribue à l’insuffisance des quantités de sang collectées. Des faiblesses ont également été relevées dans les conditions de prélèvement lors des collectes mobiles ainsi que dans l’organisation de la distribution du sang aux structures sanitaires.
La mission recommande au Directeur général du CNTS de veiller à l’élaboration et à la validation des programmes de collecte et de sensibilisation, au respect des conditions de prélèvement et de conditionnement, à la mise en place d’un schéma de distribution du sang et de ses dérivés ainsi qu’à la dotation du Centre en chambres froides conformes aux normes de conservation.
Une bonne prise en compte du genre
La vérification a toutefois relevé une prise en compte satisfaisante de la dimension genre dans la gestion des ressources humaines. Sur les 18 nominations effectuées durant la période sous revue, neuf ont concerné des femmes, soit un taux de représentativité de 50 %, largement supérieur au seuil réglementaire minimal de 30 %. Cette démarche contribue à promouvoir un environnement de travail plus équitable et inclusif, à renforcer la diversité des points de vue dans la prise de décision et à améliorer la performance organisationnelle du Centre.
Source : Aujourd’hui-Mali Avec BVG
