Huit dossiers criminels avec 12 accusés seront à la barre pour la 1re session ordinaire de la chambre criminelle du tribunal de grande instance de la commune IV
L’ouverture des travaux étaient présidés par le ministre de la Justice, des Droits de l’Homme, garde des sceaux Mahamadou Kassogué.
Le ministère de la Justice, des Droits de l’Homme, garde des Sceaux dans sa politique de traitement des affaires judiciaires avec célérité a décentralisé les affaires criminelles des assises au niveau des tribunaux d’instance. Au Tribunal de la Commune IV, c’est le ministre de la Justice, des Droits de l’Homme, garde des Sceaux qui a présidé l’ouverture de cette session ordinaire de la chambre criminelle en présence de nombreuses personnalités dont le gouverneur du district de Bamako. Des responsables judiciaires, des autorités coutumières… étaient aussi de la partie. Cette session ordinaire porte à son rôle 8 affaires impliquant douze 12 accusés détenus dont les infractions retenues contre eux sont celles d’assassinat, de meurtre, de coups mortels, de pédophilie, de viol, de vol qualifié, d’association de malfaiteurs, de détention illégale d’arme à feu, d’enlèvement de personne et séquestration et de faux et usages de faux.
Premier à prendre la parole, le procureur de la Commune IV du district de Bamako Idrissa Hamidou Touré a surtout remercié les reformes menées par le département avec la décentralisation du jugement des affaires criminelles.
« La justice, c’est corriger une irrégularité, l’injustice ne réside pas dans le jugement mais dans le délai du jugement avec des renvois successifs des dossiers, de manque de ponctualité des magistrat, c’est pourquoi cette décentralisation vient à point nommé car permettant une certaine célérité dans le traitement de ces affaires criminelles », a constaté le procureur de la Commune IV.
Il s’est félicité du résultat obtenu par le Tribunal de grande instance de la Commune IV dans le traitement des dossiers au niveau de leur juridiction. Il a rappelé qu’en 2025 sur 745 détenus relevant de leur tribunal, 713 ont été jugés et sur 788 en 2024, seulement 108 personnes n’ont pas pu être jugés. « Au Tribunal de grande instance de la Commune IV, nous ne connaissons pas de lenteurs de dossiers », a martelé le procureur Idrissa Hamidou Touré.
Le président de l’Ordre des avocats du Mali, Souleymane Soumounthéra, s’est félicité de cette décentralisation du jugement des dossiers criminels devant les tribunaux d’instance. « C’est une victoire pour les droits humains car permettant accélération dans le traitement des dossiers judiciaire », a-t-il soutenu. Le bâtonnier a exprimé la disponibilité de l’Ordre à accompagner le ministère de la Justice dans la mise en œuvre de ces réformes. Il a saisi cette occasion pour fustiger les jugements qui se font sur les réseaux sociaux avant même les procès. « Dès lors qu’une personne est citée dans une affaire avant même son jugement, on constate que certains se permettent de prononcer sa culpabilité dans les médias sociaux. Ce n’est pas le rôle de la presse que ce soit la presse écrite ou les réseaux sociaux à prononcer la culpabilité d’une personne. Cela ne relève pas de leur rôle, évitons donc les châtiments populaires », a déploré président de l’Ordre des avocats du Mali.
Pour le président du Tribunal de grande instance de la Commune IV, Niambé Michel Kéné, cette session, dont les travaux se poursuivront jusqu’au 27 mai 2026 permettra sans nul doute de rapprocher davantage la justice des justiciables. Il a remercié le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, garde des Sceaux pour son implication personnelle et son leadership exemplaire qui ont permis la réalisation et la concrétisation de nombreuses réformes parmi lesquelles celles du code pénal et du code de procédure pénale, deux textes fondamentaux répressifs dont les innovations ont révolutionné notre système de justice pénale.
« Ces innovations, dont la présente session constitue une parfaite illustration, apportent de solutions concrètes aux difficultés liées notamment à la lenteur et à la lourdeur dont les conséquences étaient ressenties à la fois par les justiciables et par les acteurs de la justice dans leur ensemble. C’est donc avec un grand ouf de soulagement que les chambres criminelles des tribunaux de grande instance sont accueillies pour laisser la place à une justice moderne, efficace, respectée et respectable, résolument tournée vers la satisfaction des besoins des justiciables », a-t-il déclaré.Avant d’inviter à examiner dans le strict respect des principes qui gouvernent le procès-pénal, notamment la présomption d’innocence reconnue à tout accusé aussi longtemps qu’il n’aura pas été déclaré coupable, le droit pour chaque accusé d’être assisté d’un avocat, l’indépendance qui permet au juge de ne se décider qu’en âme et conscience et en fonction des éléments du dossier; l’impartialité qui permet au juge d’instruire à charge et à décharge et enfin ; la publicité des débats, dans les conditions déterminées par la loi.
Précisions que dans les affaires criminelles, les peines vont de 6 ans jusqu’à la peine de mort.
Kassoum Théra
Source : Aujourd’hui-Mali
