Le limogeage de Ousmane Sonko, intervenu le vendredi dernier …
Le limogeage de Ousmane Sonko, intervenu le vendredi dernier par le Président Bassirou Diomaye Faye, est tout simplement la résultante de la divergence de vues profondes sur la gestion de l’exécutif entre les deux personnalités. Le duo s’est transformé en duel au haut sommet de l’Etat. Toute hypothèse se rapportant aux ambitions politiques démesurées de Sonko est réfutable à tout point de vue. Ce dernier suit la trajectoire du projet du PASTEF , le contrat social scellé avec le peuple sénégalais ,qui aspire au changement dans la gouvernance .
Force est de constater que le Président FAYE semble avoir son propre agenda, souvent antinomique à la ligne du parti. Comme illustration, la redynamisation de la Coalition Diomaye Président, ses accointances avec les dignitaires de l’ancien pouvoir. Sonko s’est vu arborer le manteau de Guide de la Révolution lors du méga meeting. Cette légitimité populaire lui confère un rôle de caution morale du pouvoir.
La gestion des fonds politiques, la situation sur le dossier du FMI et bien d’autres questions d’intérêt national, constituent à n’en pas douter, la pomme de discorde entre les deux hommes.
Ousmane Sonko n’était pas un Premier ministre ordinaire : il était un chef de l’exécutif atypique, ayant été l’artisan principal de l’ascension de Diomaye à la présidence. Oublier cette réalité relève d’une cécité intellectuelle et fausse toute analyse lucide.
Disposant de la majorité parlementaire, l’appareil politique du PASTEF, avec son capital sympathie, et le désormais statut de victime Sonko n’a décidément rien perdu. Diomaye aurait dû travailler à affaiblir son Premier ministre, avoir la main mise sur le parti avant la consommation du divorce. Le successeur de Sonko ne pourrait faire grande chose avec la motion de censure qui planera au-dessus de sa tête comme une épée de Damoclès.
Deux cartes restent à la possession du Président FAYE : retourner vers le PASTEF pour y chercher le successeur de Sonko . La deuxième carte, c’est la dissolution de l’Assemblée nationale et là avec ses implications.
Le pays de la Teranga n’est –il pas au bord d’une crise institutionnelle ?
Wait an see .Que Dieu préserve ce beau pays !
Baba Bourahima Cissé
