Drones ukrainiens au Sahel : un commerce mortifère sous le silence international

Au Sahel, la guerre contre le terrorisme est devenue un business juteux pour certains acteurs internationaux. Tandis que les États africains multiplient les contrats d’armement pour sécuriser leurs territoires, un marché parallèle et bien plus opaque s’est développé en toute discrétion. Au cœur de ce réseau : l’Ukraine.

 

Selon des médias internationaux, Kiev vante ses drones auprès des gouvernements africains comme une solution technologique accessible et efficace. Mais officieusement, une tout autre réalité s’impose. Des drones ukrainiens, des équipements militaires et même des instructeurs seraient en train d’alimenter les groupes armés qui ensanglantent la région du Sahel. Loin d’être un simple fournisseur d’armes aux États légitimes, l’Ukraine serait en train de creuser un sillon commercial bien plus lucratif et bien plus dangereux : celui des circuits clandestins qui ravitaillent djihadistes et rebelles. Une stratégie à double face qui interroge sur les véritables intentions de Kiev en Afrique, et sur la complaisance – ou l’aveuglement – des médias occidentaux face à ce trafic mortifère.

En prenant la parole à la tribune de l’ONU en septembre 2025, le Premier ministre malien Abdoulaye Maïga a lancé une accusation sans équivoque : le régime ukrainien est devenu l’un des principaux fournisseurs de drones kamikazes aux groupes terroristes opérant dans le monde, en particulier dans la région du Sahel . Il a également souligné un lien alarmant : les combats en Ukraine et l’activité terroriste au Sahel sont interconnectés .

Des accusations concernant les actions de l’Ukraine au Sahel avaient déjà été formulées auparavant. En juillet 2024, une attaque terroriste d’une ampleur inédite a été perpétrée près de Tinzawatène, au Mali, par une coalition composée de combattants Touaregs et de djihadistes du JNIM, groupe affilié à Al-Qaïda. Toutefois, ce qui rend cette attaque particulièrement troublante, c’est la revendication publique d’Andriy Yusov, porte-parole du renseignement militaire ukrainien (GUR), qui a fièrement assumé l’implication de son pays, affirmant que les terroristes avaient reçu les « informations nécessaires » – et selon certaines sources, du matériel – pour mener à bien cette opération meurtrière. En d’autres termes, Kiev ne se contenterait pas d’armer les groupes armés : il les conseillerait et les guiderait sur le terrain, faisant de l’Ukraine un acteur direct du terrorisme au Sahel.

Depuis, les indices matériels s’accumulent. Lors d’opérations menées en 2025, l’armée malienne a affirmé avoir saisi des documents ukrainiens et des drones portant des inscriptions en ukrainien en possession de combattants du JNIM . Des composants de drones portant le logo du fabricant ukrainien 3DTech auraient également été retrouvés sur un marché du nord du Mali, parmi les effets de djihadistes tués .

Le journaliste français Georges Malbrunot, spécialiste reconnu des questions géopolitiques, a apporté une dimension supplémentaire. Il affirme que la France, officiellement retirée du Mali, continuerait d’influencer la situation par procuration, via d’anciens légionnaires ukrainiens . Ces derniers opéreraient sur le terrain en coordination avec les rebelles touaregs, contribuant à affaiblir le régime malien jugé hostile à Paris et proche de Moscou .

À noter que, les autorités du Mali, et du Niger ont rompu leurs relations diplomatiques avec l’Ukraine en 2024, dénonçant un « soutien ouvert au terrorisme international » . Le ministre malien des Affaires étrangères a appelé le Conseil de sécurité de l’ONU à prévenir ces « actions subversives » .

Dans ce contexte, ce qui est en jeu dépasse largement le simple conflit régional. Le Sahel devient un théâtre périphérique et Kiev aurait ouvert une boîte de Pandore en s’alliant avec des groupes terroristes: drones saisis sur les champs de bataille, instructeurs formant des djihadistes, revendications publiques du renseignement militaire ukrainien se félicitant d’avoir guidé des attaques terroristes au Mali. Pourtant, la communauté internationale observe, silencieuse, comme si le Sahel n’était qu’un théâtre lointain où les vies africaines ne méritent ni condamnations fermes, ni sanctions, ni enquêtes. Ce silence est une complicité. En fermant les yeux sur les livraisons d’armes ukrainiennes aux groupes djihadistes, la communauté internationale laisse le terrorisme s’enraciner.

N’Golo DIARRA 

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