.«Hiroshima n’a pas suffi» est le titre de la tribune, publiée dans la presse en 2024, par le Général Yamoussa Camara, ministre conseiller à la Sécurité nationale…
.«Hiroshima n’a pas suffi» est le titre de la tribune, publiée dans la presse en 2024, par le Général Yamoussa Camara, ministre conseiller à la Sécurité nationale, ancien ministre de la Défense et des Anciens combattants (2012-2013) Chef d’état-major de la Garde nationale au moment du renversement du Général Amadou Toumani Touré. Il a écrit : « La violence ne met pas fin à la violence. Elle peut créer des conditions favorables pour négocier en position de force, elle ne suffira jamais à imposer la paix.
Car, la paix ne s’impose pas, elle se négocie. Une guerre ou une opération de guerre se termine toujours par la diplomatie et la négociation. Cela est illustré par une formule élégante : la diplomatie d’un Etat s’arrête là où s’arrête la puissance de ses armes…» L’officier supérieur poursuit de sa belle plume : « A une échelle plus réduite, ce n’est pas en terrassant un voisin acariâtre, qu’on arrivera à régler un problème de cohabitation difficile. La solution serait d’accepter de s’asseoir et de discuter pour vider le contentieux ».
De façon intelligente, l’auteur du livre «Ma part de vérité» voulait faire comprendre que : « la crise que traverse le Mali ne pouvait prendre fin en usant des seuls moyens militaires». Un appel au dialogue et au recours à la diplomatie ! Ne pouvait nullement être le fait du hasard le timing choisi, pour diffuser sa tribune, par celui qui est présenté comme un proche des plus autorités militaires.
De 2024 à nos jours, de nombreux événements se sont déroulés sans altérer la profondeur du message contenu dans la tribune : «Hiroshima n’a pas suffi ». L’évolution de la situation sécuritaire avec ses rebondissements diplomatiques, semble-t-elle conforter la posture défendue par le Général Camara ?
Après les événements du 25 Avril 2026 et ceux d’Anéfis, le Mali fera-t-il un savant dosage de la force militaire et de l’arme de la persuasion ?
Les accords locaux signés entre certains villages, dont l’une des dernières manifestations est la levée du blocus sur la route de Nara, peuvent-ils inspirer les autorités nationales ?
Le réchauffement diplomatique entre le Mali et l’Algérie entraînera -t- il la décrispation avec ses voisins comme la Mauritanie et la Côte d’Ivoire ?
Le dialogue et la réconciliation sont-ils possibles sans le retour à l’ordre constitutionnel à travers la tenue des élections générales ?
Au sortir de son audience chez le Président de la Transition, le 13 juillet dernier, le Président de la Commission de l’Union africaine (UA) Mohamoud Ali Youssouf a évoqué un horizon politique marqué par des élections. « L’Afrique voulait voir un Mali stable, un Mali en parfaite relation avec ses pays voisins, un Mali où l’ordre constitutionnel est rétabli».
Par Chiaka Doumbia
Source : Le Challenger
