Femafoot : Mahazou dit Baba Cisset s’installe

Il était exactement 9h50 lorsque le nouveau président de la Fédération malienne de football (Femafoot), Mahazou dit Baba Cisset, a franchi le seuil du siège de l’instance sportive, accompagné de plusieurs membres de sa liste. Arborant un ensemble basin et bonnet bleus, il a été accueilli à son arrivée par le secrétaire général, Sidi Békaye Magassa et l’ensemble du personnel.

Sans perdre de temps, le nouveau patron du football malien a tenu une séance de travail d’une heure avec le secrétaire général. S’en est suivie une visite des bureaux pour permettre au nouveau président et à ses colistiers de se familiariser avec les équipes en place. À 11h2, la délégation a rejoint la salle de conférence, prise d’assaut par la presse nationale et internationale. Personne ne voulait manquer cette cérémonie, il y avait la presse écrite, la télé, la radio et bien évidemment les webs tv. Devant un parterre de journalistes, Sidi Békaye Magassa, qui gérait les affaires courantes depuis la démission de l’ancien président Mamoutou Touré « Bavieux» et son bureau, en janvier, a ouvert la cérémonie. 

«Nous avons tenu à ce que la presse soit conviée à cette prise de fonction. Nous avons fait le point sur les acquis de la fédération et effectué une visite des locaux. C’est un passage de témoin transparent; le président (Mahazou, ndlr) aura à sa disposition tous les documents sollicités», a introduit Sidi Békaye Magassa sous les ovations de la salle. Lors de son allocution, Mahazou dit Baba Cisset a détaillé le contenu de son entretien avec le secrétaire général de la Femafoot, soulignant l’importance d’un état des lieux rigoureux. 

«Il avait la lourde tâche de mener à bien les activités courantes après la démission de l’ancien comité exécutif. Nous ne pouvons faire la prise de service sans faire un état des lieux avec lui. Nous sommes arrivés avec beaucoup d’enthousiasme et un sens élevé des responsabilités. Avec le secrétaire général, nous avons passé en revue le patrimoine de la Fédération malienne de football, ses comptes bancaires ainsi que les activités en cours, notamment le championnat professionnel Ligue 1 Orange et la Coupe du Mali. Nous avons aussi échangé sur le sponsoring et le marketing», a expliqué Mahazou dit Baba Cisset.

Le nouveau président a également manifesté une volonté de transparence totale, en réclamant les états financiers des trois dernières années, les relevés bancaires et les contrats de travail du personnel. «Cela me permettra d’avoir une vision claire de la gestion actuelle», a-t-il précisé.

S’adressant à ses colistiers, aux employés de la fédération et aux acteurs des médias, le président Mahazou dit Baba Cisset a plaidé pour une collaboration étroite. «Nous sommes là uniquement pour le développement du football malien. Le personnel doit être assuré de notre volonté de travailler ensemble. Aux journalistes, je demande d’être les vecteurs de ce message d’unité auprès du peuple malien. Nous sommes ouverts à la critique, car tout ce qui peut nous améliorer est bon à prendre». 

Il a conclu en appelant ses colistiers à une cohésion totale à «1000% » pour relever les défis de cette mission : «Le peuple nous a confiés une tâche importante, nous n’avons pas droit à l’erreur». L’installation officielle du nouveau patron du football national intervient 5 jours après l’assemblée générale élective marquée par un large consensus (69 voix sur 72 votants). Elle tourne une page majeure de l’histoire de la Femafoot.  Le nouveau comité exécutif aura pour mission de relever plusieurs défis, notamment la restructuration des compétitions locales, le développement du football à la base et le renforcement de la gouvernance au sein des instances. Les attentes sont également fortes en ce qui concerne les résultats des équipes nationales, à commencer par les Aigles, mais aussi les sélections féminines et de jeunes.

Le nouveau bureau devra ainsi travailler en étroite collaboration avec les acteurs du football malien pour impulser une dynamique positive. Ce nouveau départ suscite un immense espoir pour l’avenir du football au Mali.

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LES PRéSIDENTS DE LA FéDéRATION MALIENNE DE FOOTBALL

1960-1968 : Tiecoura Konaté

1968-1971 : Mamadou Aw

1971-1978 : Amadou Kané

1978-1979 : Cheickna Hamalla Siby

1979-1982 : Sory Ibrahima Konandji

1982-1985 : Seydou Thiam

1985-1988 : Cheick Oumar Diarra

1988-1992 : Ousmane Diarra

Avril 1992-6 avril 2002 : Amadou Diakité

6 avril 2002-25 juin 2005 : Tidiani Niambélé

25 juin 2005-12 juillet 2009 : Salif Keïta

12 Juillet 2009-8 octobre 2013 : Hamadoun Kolado Cissé

8 octobre 2013-8 octobre 2017 : Boubacar Baba Diarra

10 janvier 2018-29 août 2019 : Mme Daou Fatoumata Guindo (CONOR)

29 août 2019-Janvier 2026 : Mamoutou Touré «Bavieux»

16 avril 2026 : Mahazou  dit Baba Cisset

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Réactions des maliens

Souleymane Koné, informaticien : «J’espère que la nouvelle équipe réussira là où les précédentes ont échoué. Il ne faut pas seulement gérer, mais insuffler une nouvelle dynamique». 

Aboubacar Diallo, caissier : «Les priorités sont la réconciliation de la famille du football, une gouvernance transparente et le renforcement de la formation des jeunes pour que nos sélections visent plus haut». 

Moustapha Cissé, comptable : «La priorité absolue est de restaurer l’unité. Sans cohésion entre les clubs, les ligues et les dirigeants, aucun projet ne pourra prospérer. Je souhaite bonne chance au nouveau bureau». 

Jean Coulibaly, pasteur : «Nous ne voulons plus de promesses sans lendemain. Les supporters attendent des résultats concrets et une organisation solide après des années de turbulences». 

Hamidou Bocoum, commerçant : «Il faut construire des infrastructures au Nord et au Centre du pays, renforcer la formation et, surtout impliquer davantage les anciens joueurs autour de l’équipe nationale». 

Mohamed Traoré, enseignant : «Mon souhait est de voir un championnat national plus fort, mieux médiatisé et capable d’offrir de bonnes conditions aux joueurs locaux pour limiter l’exode précoce». 

Boubacar Bamadio, pompiste : «Le nouveau président doit s’entourer de conseillers honnêtes et écarter ceux qui ne cherchent que l’intérêt financier. Le dialogue avec les internationaux et les expatriés est important». 

Kassoum Dembélé, policier : «Tous les espoirs reposent sur ce bureau pour éradiquer l’amateurisme et la mauvaise gestion. Il faut rassembler les meilleurs talents pour le football masculin et féminin».

Propos recueillis par

Djeneba BAGAYOGO

Source : L’Essor

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