FIA-AEEM vs Gouvernorat du District de Bamako : Le choc des ambiguïtés a eu raison de la deuxième édition

L’organisation de la deuxième édition du Forum International des Anciens de l’AEEM (FIA-AEEM), initialement prévue du 17 au 19 avril 2026, s’est heurtée à une fin de non-recevoir administrative qui soulève de nombreuses interrogations sur la forme et le fond.

Le flou artistique des organisateurs  

Du côté du CRS-AS-AEEM, le flou est total. Dans une lettre datée du 10 avril 2026, l’organisation s’est contentée d’adresser au Gouverneur du District de Bamako une simple « information ». Pourtant, le libellé de cette missive contient une formule pour le moins équivoque : « pour dispositions à prendre ».

S’agit-il de dispositions sécuritaires pour encadrer l’événement au Centre International de Conférence de Bamako (CICB)? Ou d’un protocole officiel pour accueillir les autorités administratives et politiques invitées? En omettant de préciser la nature de ces « dispositions », le FIA-AEEM a ouvert une brèche dans laquelle l’administration n’a pas tardé à s’engouffrer.

Le « piège parfait » du Gouverneur

Comme le berger à la bergère, le Gouvernorat a saisi l’opportunité offerte par cette maladresse rédactionnelle. Dans sa réponse datée du 16 avril 2026, soit la veille de l’ouverture prévue du forum, le Gouverneur Abdoulaye Coulibaly ne prononce jamais le mot « interdiction ». Il se contente d’une fin de non-recevoir polie, invoquant le « contexte social et des nécessités d’ordre public » pour justifier qu’il ne peut réserver un « traitement favorable à ladite requête ».

En traitant cette « information » comme une « requête », l’autorité administrative renvoie les anciens leaders estudiantins à leurs propres ambiguïtés. C’est le piège parfait, car le Gouverneur ne compromet pas sa bonne foi, mais utilise l’effet boomerang d’une lettre dont l’objet (« information ») contredit le corps du texte (demande implicite de mesures d’accompagnement).

Une leçon de procédure

Cette situation est d’autant plus ironique que le forum se donne pour objectif de formuler des propositions sur la gouvernance et la sortie de crise multidimensionnelle du Mali. En confondant, volontairement ou non, une simple lettre d’information et une demande d’autorisation formelle, le FIA-AEEM s’est pris à son propre jeu.

Le Gouverneur, en maître de l’horloge administrative, semble avoir gagné cette première manche, de surcroît à la veille de l’événement. En plus, il tue dans l’œuf tout le procès d’intention dont il peut être victime.

Pour le FIA-AEEM, il s’agira désormais, après tant de débauche d’énergie, de réfléchir à deux reprises avant de manipuler les nuances du droit administratif. Une chose est sûre : pour un mouvement né des luttes démocratiques de 1990, la maîtrise des codes de l’État demeure un défi encore à relever.

A.    Diallo

Source : Nouveau Réveil

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