Inclusion financière : le Mali recule malgré la hausse des indicateurs d’accès

Les indicateurs d’accès et d’utilisation des services financiers progressent au Mali, mais l’indice synthétique d’inclusion financière du pays recule en 2025. Ce contraste met en évidence les limites d’une analyse fondée uniquement sur les taux d’accès aux services financiers.

Le Mali affiche une évolution contrastée en matière d’inclusion financière. En 2025, le taux global d’inclusion financière atteint 61,9 %, contre 58,6 % en 2024, soit une hausse de 3,3 points de pourcentage. Cet indicateur mesure la proportion de la population adulte couverte par les services financiers, selon le périmètre retenu par la Banque centrale.

Dans le même temps, l’indice synthétique d’inclusion financière du pays recule, passant de 0,491 à 0,466, selon le Tableau de bord de l’inclusion financière dans l’UEMOA au titre de l’année 2025, publié par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).

Cette baisse contraste avec la tendance régionale. Dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), l’indice synthétique progresse de 0,600 en 2024 à 0,616 en 2025. Contrairement à un taux exprimé en pourcentage, cet indice composite regroupe plusieurs dimensions de l’inclusion financière pour donner une vision plus globale de la situation.

Avec un taux global d’inclusion financière de 61,9 %, le Mali reste en dessous de la moyenne régionale, qui s’établit à 76,1 %. Il devance toutefois le Niger, dont le taux atteint 26,2 %. La progression enregistrée en un an ne suffit donc pas à réduire significativement l’écart avec les pays les mieux placés de l’Union.

Une bancarisation toujours en retrait

Les indicateurs de bancarisation confirment ce retard relatif. Le taux de bancarisation strict, qui mesure la proportion de la population adulte disposant d’un compte bancaire, atteint 16,8 % en 2025, contre 15,6 % en 2024. Il reste inférieur à la moyenne régionale de 26,9 %. Seuls le Niger, avec 11,3 %, et la Guinée-Bissau, avec 14,5 %, affichent des taux plus faibles.

Le taux de bancarisation élargi, qui prend en compte les comptes détenus auprès de différentes catégories d’établissements financiers, progresse également. Il passe de 28,3 % en 2024 à 30,5 % en 2025, contre une moyenne régionale de 50,6 %. Le Mali devance ainsi le Niger, à 21,3 %, et la Guinée-Bissau, à 14,7 %.

Malgré ces hausses, les deux indicateurs restent nettement inférieurs aux moyennes communautaires. Ils rappellent que l’inclusion financière ne se limite pas à la détention d’un compte bancaire. Elle repose aussi sur l’accès à d’autres services, notamment la monnaie électronique.

Un recul propre au Mali

En 2025, l’indice synthétique d’inclusion financière progresse dans les sept autres pays de l’UEMOA. Il passe de 0,663 à 0,667 au Bénin, de 0,636 à 0,646 en Côte d’Ivoire, de 0,643 à 0,651 au Sénégal, de 0,641 à 0,644 au Togo et de 0,585 à 0,594 au Burkina Faso. La Guinée-Bissau et le Niger enregistrent également une hausse, leurs indices atteignant respectivement 0,496 et 0,431.

Le recul de l’indice malien ne signifie toutefois pas que toutes les dimensions de l’inclusion financière se détériorent. Le taux global d’inclusion financière ainsi que les taux de bancarisation strict et élargi sont en hausse. Le contraste entre ces indicateurs souligne l’importance d’examiner plusieurs dimensions pour mieux comprendre les progrès réalisés et les défis qui persistent.

Source : BCEAO, Tableau de bord de l’inclusion financière dans l’UEMOA, 2025.

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