Opération de communication avec des éléments du Jnim dans la presse française : L’Association Radio Libre Kayira désavoue officiellement Dr Oumar Mariko

Dans une déclaration rendue publique le 11 mai 2026 à Bamako, l’Association Radio Libre Kayira a pris officiellement ses distances avec les récentes prises de position de Dr Oumar Mariko

Dans une déclaration rendue publique le 11 mai 2026 à Bamako, l’Association Radio Libre Kayira a pris officiellement ses distances avec les récentes prises de position de Dr Oumar Mariko, ancien membre du Comité de Gestion de l’organisation. Le document, signé par le Président du Comité de Gestion, Cheick Oumar Sissoko, intervient dans un contexte national particulièrement tendu marqué par la multiplication des attaques terroristes au Mali.

L’association affirme avoir suivi avec une « profonde consternation » les récents événements sécuritaires survenus dans le pays, notamment les attaques qualifiées de « complexes, simultanées et coordonnées » attribuées au JNIM et au FLA. Dans sa déclaration, l’Association Radio Libre Kayira, par la voix de Cheick Oumar Sissoko, accuse également des « sponsors étatiques étrangers » de soutenir ces groupes armés.

Au cœur de cette sortie médiatique, la dénonciation des agissements présumés de Dr Oumar Mariko. L’association lui reproche notamment d’avoir participé à une opération de communication avec des éléments du JNIM, relayée selon elle, par certains médias internationaux comme France 24 et TV5 Monde. Selon le communiqué, l’ancien leader politique se serait présenté comme médiateur dans une affaire ayant abouti à la libération de deux militaires et de deux civils maliens détenus par des groupes armés.

L’association estime toutefois que cette initiative relevait davantage d’une opération de propagande et de diversion destinée à influencer l’opinion nationale et internationale. Le texte évoque ensuite une seconde vidéo attribuée à Oumar Mariko, dans laquelle il aurait tenu des propos particulièrement graves visant les Forces armées maliennes (FAMa) et les autorités de la Transition.

Radio Libre Kayira l’accuse notamment d’avoir encouragé des éléments militaires à se retourner contre leur hiérarchie et d’avoir évoqué des perspectives de négociations avec le FLA. L’association affirme également que l’ancien responsable politique aurait exprimé des intentions hostiles envers les institutions de la Transition ainsi qu’envers l’armée malienne.

Face à cette situation, le Comité de Gestion de Radio Libre Kayira annonce se désolidariser « totalement » des prises de position et initiatives de DR Oumar Mariko, qu’il qualifie d’« illégales », « illégitimes » et contraires aux valeurs historiques de l’organisation. Créée en novembre 1991, l’association rappelle avoir toujours œuvré pour la promotion des valeurs démocratiques et patriotiques au Mali.

Elle insiste sur le fait que les positions exprimées par Oumar Mariko n’engagent en rien la structure ni ses membres. Dans sa déclaration, l’organisation condamne également ce qu’elle considère comme des « pratiques de trahison nationale » et appelle la justice malienne à appliquer « rigoureusement la loi » contre l’ancien dirigeant politique.

Cette déclaration de Radio Libre Kayira, à travers le cinéaste et l’ancien ministre Cheick Oumar Sissoko, marque ainsi une nouvelle étape dans les réactions suscitées par les récentes polémiques impliquant Oumar Mariko, figure politique connue pour ses positions critiques envers les autorités maliennes.

Qui contrôle vraiment l’Association Radio Libre Kayira?

Au-delà de cette manière particulièrement violente de s’attaquer à un ancien compagnon, Cheick Oumar Sissoko aurait dû commencer par expliquer aux Maliens qui contrôle vraiment l’Association Radio Libre Kayira ? Cette question se pose, car après des mois de bras de fer entre lui et Dr Mariko, la Cour suprême avait tranché en faveur de ce dernier, comme cela avait d’ailleurs été notifié au premier par la HAC (Haute Autorité de la Communication).

En effet, dans une correspondance, le président de la HAC, informait Cheick Oumar Sissoko, que suite au contentieux qui l’opposait au Dr Oumar Mariko à propos de la validité du récépissé de l’Association « Radios Libres Kayira » (A.R.L.K), la Cour suprême du Mali, dans son Arrêt N°711 du 21 novembre 2019, avait annulé le récépissé N°0003/MARDB-DGAT du 10 avril 2019 qui lui a été accordé par le Directeur général de l’Administration du Ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation.

La lettre du président de la HAC précisait que dans le même Arrêt, la Cour suprême considérait comme valide le récépissé N°023733/G-DB du 1er avril 2019 délivré au nom du Dr Oumar Mariko par le Gouverneur du District de Bamako. La lettre signalait qu’il y avait lieu de considérer comme une erreur matérielle, le numéro du récépissé auquel Cheick Oumar Sissoko fait allusion (0237/G-DB du 1er avril 2019) dans sa lettre N°01/05/21/A.R.L.K sans date enregistrée à la HAC le 6/05/2021.

« Nonobstant cette erreur matérielle, l’annulation du récépissé délivré à Cheick Oumar Sissoko, sous le N°0003/MARDB-DGAT du 10 avril 2019 par le Directeur général de l’Administration, demeure constante comme stipulée dans l’Arrêt N°711 du 21/11/2019, ainsi qu’il suit : « Annulé le récépissé N°0003/MARDB-DGAT du 10 avril 2019 du Directeur général de l’Administration du ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation » », indiquait le président de laHAC.

On pensait que le contentieux était ainsi définitivement clos. Mais apparemment, quelqu’un a décidé que c’était loin d’être le cas !

Flani SORA

 Source : Notre Voie

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