Sondage d’opinion : Près de 84 % des Maliens se disent satisfaits de la gestion de la Transition

Réalisée dans huit grandes villes du pays, une enquête du Centre Sahel et du cabinet GISSE révèle un fort niveau d’adhésion à la Transition….

Les préoccupations sécuritaires et économiques demeurent toutefois au cœur des attentes des citoyens.

Le Centre Sahel, en partenariat avec le cabinet GISSE, a tenu une conférence de presse pour présenter les résultats d’un sondage d’opinion publique sur les perceptions des citoyens concernant la Transition, les priorités nationales, les partenaires internationaux et les leaders religieux. La rencontre s’est déroulée le jeudi 2 juillet 2026 à l’hôtel Sheraton. L’enquête a été menée auprès de 2 320 personnes entre le 2 et le 12 mai 2026 dans les huit principales villes du Mali : Bamako, Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou et Gao. La collecte des données est intervenue une semaine après les événements du 25 avril 2026, offrant ainsi un aperçu des perceptions citoyennes dans un contexte particulièrement significatif. Selon Yaya Mémé, président du Centre Sahel, l’enquête révèle que 83,9 % des personnes interrogées se déclarent satisfaites de la gestion de la Transition. Par ailleurs, 92 % ont une opinion favorable du Président de la Transition et plus de 86 % estiment que l’organisation des élections ne constitue pas une priorité. A ses dires, si les Maliens expriment leur soutien à la Transition, ils attendent avant tout des résultats concrets face aux défis qui affectent leur quotidien. « La lutte contre le  terrorisme apparaît très nettement comme la première priorité nationale. Les questions économiques demeurent également au cœur des attentes. Le chômage, la cherté de la vie, les coupures d’électricité et le banditisme figurent parmi les principales préoccupations exprimées par les citoyens, rappelant que les attentes sociales restent particulièrement fortes », a-t-il expliqué.

Il ressort également de l’enquête que 67 % des personnes interrogées citent la lutte contre le terrorisme comme priorité. Elles sont 44 % à évoquer la lutte contre le chômage, 40 % à souhaiter une action contre la cherté de la vie, 29 % à demander une amélioration de l’accès à l’électricité et 27 % à attendre un renforcement des actions contre le banditisme.

Sidiki Guindo, directeur du cabinet GISSE, a ajouté que les résultats de l’enquête mettent en évidence une recomposition des perceptions à l’égard des partenaires internationaux. « Les citoyens interrogés expriment une opinion très favorable à l’égard de la Russie, tandis que plusieurs partenaires occidentaux ou organisations régionales enregistrent des niveaux élevés d’opinions défavorables. Ces résultats traduisent l’importance accordée par une partie de la population aux questions de souveraineté nationale et au repositionnement diplomatique engagé par les autorités de la Transition », a-t-il indiqué. Il a précisé que 93 % des personnes interrogées ont une opinion favorable de la Russie. En revanche, 90,8 % affichent une opinion défavorable de la France, plus de 81 % de la Cédéao et plus de 83 % de l’Algérie.

Le directeur du cabinet GISSE a également rappelé que l’enquête fait apparaître des niveaux de confiance différenciés à l’égard des principales personnalités religieuses. « Le Chérif de Nioro et le Chérif Ousmane Madani Haïdara bénéficient d’une image largement positive auprès des personnes interrogées. A l’inverse, l’imam Mahmoud Dicko recueille une opinion favorable plus limitée au niveau national », a-t-il déclaré.

Les résultats montrent que plus de 85 % des personnes interrogées ont une opinion favorable du Chérif de Nioro et du Chérif Ousmane Madani Haïdara, contre 20 % pour l’imam Mahmoud Dicko à l’échelle nationale. Selon les statisticiens, les enseignements de cette enquête montrent que le maintien du niveau de confiance observé passe par la consolidation des acquis de la Transition et par une réponse plus soutenue aux préoccupations exprimées par les citoyens. Les attentes portent en priorité sur le renforcement de la sécurité, l’amélioration des conditions de vie, la création d’opportunités économiques et un meilleur accès aux services essentiels, notamment l’électricité et le carburant. Les résultats invitent également à mieux prendre en compte les spécificités régionales afin de garantir une action publique adaptée aux réalités de chaque territoire.

 

Marie Dembélé

Source : Aujourd’hui-Mali

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