Face à l’ampleur des déplacements forcés, le gouvernement et ses partenaires entendent accélérer la mise en œuvre de réponses durables. Réunis à Bamako, les principaux acteurs nationaux et internationaux veulent renforcer leurs capacités et harmoniser leurs actions, afin d’offrir aux centaines de milliers de personnes affectées de réelles perspectives de réintégration et de résilience
Afin d’apporter des réponses plus adaptées à cette crise, le gouvernement, a rappelé le Colonel-major Assa Badiallo Touré, a lancé, en août 2024, l’élaboration d’une Stratégie nationale des solutions durables, en cohérence avec le programme d’action du Secrétariat général des Nations Unies adopté en juin 2022. Un groupe de travail a ainsi été mis en place pour concevoir cette stratégie, qui ambitionne d’unifier les approches et de favoriser, à court, moyen et long termes, des solutions durables pour toutes les personnes concernées.
L’ampleur du défi demeure considérable. Au 30 septembre 2025, le Mali comptait 414.524 personnes déplacées internes, 875.681 personnes retournées, 88.783 rapatriés et plus de 250.000 réfugiés officiellement enregistrés. Pour le Colonel-major Assa Badiallo Touré, ces chiffres imposent une mobilisation collective et des actions concrètes en faveur des populations affectées.
La ministre a insisté sur le fait que l’accès à la sécurité alimentaire, aux moyens de subsistance, à un logement décent, à la justice ainsi qu’à la protection des droits constitue le socle indispensable de toute solution durable. Selon elle, cet atelier représente une étape décisive pour traduire les ambitions de la stratégie en actions opérationnelles. Le gouvernement, a-t-elle assuré, est pleinement engagé dans la mise en œuvre d’un programme national de solutions durables au bénéfice des citoyens touchés par les déplacements forcés. Des missions de terrain seront d’ailleurs déployées dans les différentes régions au cours des prochaines semaines, afin de construire, avec les populations concernées, des réponses adaptées à leurs réalités.
Le représentant résident par intérim du Pnud au Mali, Roland Seri, a salué la tenue de cette rencontre, qu’il considère comme un tournant important dans la mise en œuvre de la stratégie nationale. Il a rappelé que, depuis son adoption en 2025, les différents acteurs ne s’étaient pas encore réunis pour harmoniser leur approche autour du plan d’actions.
Selon lui, cet atelier doit favoriser une meilleure appropriation nationale et renforcer la coordination entre les intervenants, afin d’assurer une mise en œuvre plus efficace. Il s’agit également, a-t-il souligné, de concrétiser l’engagement de ne laisser personne de côté en assurant la transition entre l’aide humanitaire d’urgence et des réponses fondées sur la résilience. Cela passe notamment par des approches territoriales intégrées, une mobilisation de financements adaptés et un renforcement des capacités des acteurs nationaux.
Roland Seri a enfin indiqué que les échanges permettront d’approfondir la réflexion sur les aspects techniques et opérationnels des solutions durables dans le contexte malien. Il a réaffirmé l’engagement des Nations unies à accompagner le gouvernement, afin de faire du Mali une référence en matière de développement global et de prise en charge durable des populations déplacée
NFamoro KEITA
Source : L’Essor
