Dans le cadre de la mise en œuvre des réformes engagées par le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, le Tribunal de Grande instance de la Commune I du District de Bamako a procédé à l’opérationnalisation de sa chambre criminelle.
La session inaugurale de cette chambre s’est ouverte jeudi dernier au sein de la juridiction située à Boulkassoumbougou. Cette séance était présidée par le secrétaire général du ministère, Dr Boubacar Sidiki Diarrah, représentant le Garde des Sceaux. A l’ouverture de cette session historique, ce sont 8 affaires impliquant 11 accusés qui sont inscrites au rôle.
Les inculpés, dont 10 en détention, sont poursuivis pour des faits de coups mortels, de pédophilie, de viols, d’associations de malfaiteurs, de vols qualifiés et de détention d’armes à feu. Dans son réquisitoire, le procureur de la République près le Tribunal de Grande instance de la Commune I a salué les réformes initiées par le ministère en charge de la justice dont l’un des fruits est le remplacement des Cours d’assises par les chambres criminelles. Pour Mohamed Marimantia Doucouré, cette audience est l’expression vivante de la justice rendue au nom du peuple malien en plus d’être un engagement collectif des acteurs judiciaires à protéger la société, à défendre les victimes et à garantir les droits de chacun. Selon lui, contrairement aux Cours d’assises qui siégeaient par session, les chambres criminelles permettent un traitement continu des dossiers criminels. D’après le magistrat, ceci contribue à une célérité de traitement des procédures judiciaires. Le représentant du ministère public a rappelé que le rôle qui lui incombe n’est pas que punitif mais aussi préventif et éducatif. A ce propos, il a affirmé que la justice ne peut être juste que si elle est équilibrée et impartiale. Cette déclaration rassure le barreau du Mali dont le représentant à l’audience a plaidé pour une justice équitable, sereine et respectueuse des droits de la défense. Pour Me Mohamed Goïta, l’avocat n’est pas un obstacle à la manifestation de la vérité mais plutôt le garant indispensable. « Sans une défense libre et vigoureuse il ne peut y avoir de procès juste », a-t-il souligné.
Pour sa part, le président du tribunal a mis en exergue la portée des réformes judiciaires qui ont abouti à la création des chambres criminelles. Sarambé Coulibaly a soutenu que l’une des particularités de ces réformes est de permettre de juger rapidement à proximité des lieux du crime en présence des victimes et des témoins. Il a, par ailleurs, invité les juges à poursuivre la dynamique de célérité enclenchée dans le traitement des dossiers afin que le droit, d’être jugé dans les délais raisonnables, soit une réalité constante devant sa juridiction.
S’adressant aux juges, le président Coulibaly leur a demandé de suivre religieusement les débats et de n’écouter ni la haine, ni la vengeance encore moins la colère, mais Dieu, la loi et leur conscience. En ce qui concerne les avocats, Sarambé Coulibaly leur a rappelé qu’au-delà de leur vocation à assurer la défense de leurs clients, ils doivent contribuer à la manifestation de la vérité dans l’intérêt de la société dont la défense incombe à tous.
De même, le secrétaire général du ministère de la Justice s’est réjoui de l’engouement suscité autour des réformes engagées à travers la tenue des audiences des chambres criminelles dans toutes les juridictions. Pour Dr Boubacar Sidiki Diarrah, cet engouement met en lumière l’adéquation et l’utilité des réformes judiciaires avec les réalités du moment. Avec la tenue des audiences des chambres criminelles, le représentant du Garde des Sceaux a salué une justice dynamique et crédible. Pour le secrétaire général, avec la mise en œuvre des réformes, la mue de la justice malienne est une réalité.
Alassane CISSOUMA
Source : L’Essor
