Dégradation avancée des axes routiers Bamako Kayes, Bamako-Kéniéba et Bamako-Kadiolo

Ménace de boycott du SYNACOR à partir du 20 Juin 2026 de Kayes-Bamako et Kéniéba-Bamako

Depuis plusieurs années, les plaintes des transporteurs se multiplient concernant l’état de certaines routes nationales. Mais aujourd’hui, la patience semble avoir atteint ses limites. En effet, le Syndicat National des Chauffeurs et conducteurs Routiers du Mali (SYNACOR) annonce son intention de suspendre, à compter du 20 juin prochain, le transport sur les axes Bamako-Kayes, Bamako-Kéniéba et Bamako-Kadiolo, si aucune mesure concrète n’est engagée pour remédier à la situation. Une menace directe pour l’acheminement des marchandises, l’approvisionnement des marchés et la mobilité des usagers qui interpelle Madame le ministre des Transports.

Exaspérés par l’état de dégradation avancée de plusieurs axes routiers stratégiques du pays, les transporteurs routiers envisagent une suspension de leurs activités sur certaines liaisons essentielles à l’économie nationale. À travers cette décision, le SYNACOR entend tirer la sonnette d’alarme sur une situation qui, selon lui, met quotidiennement en danger les usagers de la route et fragilise davantage les échanges économiques. Cette position intervient après de nombreuses démarches entreprises auprès des autorités compétentes.

Dans une correspondance adressée au Ministère en charge des Transports et des Infrastructures, le syndicat souligne que ses multiples alertes n’ont jusque-là débouché sur aucune action suffisamment visible pour rassurer les professionnels du secteur. Pour les chauffeurs, le problème ne se limite plus à une simple détérioration de la chaussée. Plusieurs portions de route sont aujourd’hui considérées comme des zones à haut risque où la circulation devient extrêmement difficile, voire dangereuse.

Selon les responsables syndicaux, certains points critiques sont marqués par d’importants affaissements, des nids-de-poule profonds et des dégradations qui ralentissent considérablement le trafic. Dans certaines localités, les véhicules seraient régulièrement confrontés à des difficultés de franchissement, avec à la clé des risques accrus d’accidents, de pannes mécaniques et de retards. Le SYNACOR précise toutefois qu’il ne réclame pas nécessairement une réhabilitation intégrale immédiate des axes concernés.

Il estime plutôt qu’une intervention ciblée sur les points les plus critiques permettrait déjà d’améliorer sensiblement les conditions de circulation et de réduire les dangers auxquels sont exposés conducteurs et passagers. Au-delà des désagréments pour les transporteurs, la question revêt une importance stratégique pour l’ensemble du pays. En effet, les axes concernés jouent un rôle essentiel dans l’acheminement des marchandises, l’approvisionnement des marchés et la mobilité des populations.

Toute interruption prolongée du transport routier pourrait avoir des répercussions sur les échanges commerciaux, notamment dans les régions concernées. Les coûts de transport pourraient augmenter, tandis que les délais de livraison risqueraient de s’allonger, avec des conséquences directes sur les activités économiques locales. Les transporteurs rappellent que le réseau routier constitue l’épine dorsale de l’économie nationale.

Son mauvais état affecte non seulement les professionnels du secteur mais également les commerçants, les agriculteurs, les voyageurs et l’ensemble des acteurs dépendants de la circulation des biens et des personnes. Alors que la saison des pluies approche, les inquiétudes des transporteurs se renforcent. L’hivernage est souvent synonyme d’aggravation de l’état des routes déjà fragilisées, rendant certains tronçons encore plus difficiles à emprunter.

La menace de suspension brandie par le SYNACOR apparaît ainsi comme un ultime signal d’alerte adressé aux autorités. Derrière cette démarche, les transporteurs disent vouloir avant tout préserver la sécurité des usagers et éviter que les routes concernées ne deviennent totalement impraticables. Ces dernières années, de nombreux citoyens, élus locaux et ressortissants de la diaspora ont eux aussi exprimé leurs inquiétudes face à la lente dégradation des infrastructures routières.

À quelques jours de l’échéance annoncée, tous les regards sont désormais tournés vers les pouvoirs publics. Une intervention rapide sur les points les plus dégradés pourrait permettre d’éviter une paralysie partielle du transport routier et rassurer des milliers d’usagers qui empruntent quotidiennement ces axes stratégiques.

Flani SORA

Source : Notre VOIE

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