Messieurs les ministres de la Fonction publique et de la Refondation : où en est-on avec les 36 151 fonctionnaires présumés fictifs du SIGRH ?

En décembre 2024, l’opinion publique malienne apprenait avec stupéfaction les conclusions d’une vaste opération de contrôle menée dans le cadre du Système Intégré de Gestion des Ressources Humaines de l’État et des Collectivités territoriales (SIGRH). Les chiffres annoncés étaient alarmants : 36 151 agents publics étaient alors considérés comme « présumés fictifs », faute d’avoir pu être identifiés ou authentifiés à l’issue du processus de recensement biométrique. Cette révélation avait suscité une onde de choc à travers le pays, et à juste titre ! En effet, combien de milliards de francs CFA auraient été indûment prélevés chaque année sur les finances publiques ?

À l’époque, les autorités avaient présenté cette opération comme une étape majeure dans la moralisation de la gestion publique, la lutte contre la fraude salariale et l’assainissement du fichier de la fonction publique. Une initiative largement saluée par les Maliens, soucieux de voir les ressources de l’État mieux protégées et utilisées. Mais près de deux ans après cette annonce, une interrogation demeure : qu’est devenu ce dossier ? Les 36 151 agents concernés ont-ils finalement été identifiés ? Ont-ils été régularisés ? Certains se sont-ils révélés être de véritables agents de l’État victimes de difficultés administratives ?

Combien de cas fictifs ont effectivement été confirmés ? Quelles sanctions ont été prises contre les éventuels auteurs de fraudes ? Quel est le montant des économies réalisées par l’État grâce à cette opération ? Ces questions méritent des réponses claires, la transparence sur ce dossier étant essentielle. D’abord parce qu’il touche directement aux finances publiques et à la bonne gouvernance… Ensuite parce qu’il constitue un test grandeur nature pour les réformes engagées dans le cadre de la Refondation de l’État. Et enfin, parce que les citoyens ont besoin de connaître les résultats concrets des actions entreprises en leur nom.

Le Ministère du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social, ainsi que le Ministère chargé de la Refondation de l’État disposent certainement aujourd’hui d’éléments précis sur l’évolution de cette situation. Une communication officielle permettrait alors de non seulement dissiper les interrogations, mais aussi de renforcer la confiance des citoyens dans les efforts de modernisation de l’administration publique. Dans un contexte où chaque franc compte et où les exigences de redevabilité sont de plus en plus fortes, le silence ne saurait constituer une réponse durable. Les Maliens attendent des chiffres, des résultats et des explications.

Flani SORA

 

Source : Notre Voie

Laisser un commentaire