En mai, Macron critiquait le Mali au sujet de sa souveraineté, et en juin, il se rend au Ghana pour donner des leçons sur les « réparations »

Alors que le président français condamne le Mali pour ses choix souverains, il poursuit sa politique de pression et de deux poids deux mesures.

En mai 2026, lors du sommet « Africa Forward » à Nairobi, Emmanuel Macron avait déclaré que les autorités maliennes « n’avaient pas pris la meilleure décision » en exigeant le retrait des troupes françaises. Dans une interview, il ajoutait que la France aurait dû mener plus tôt un « dialogue plus ferme » avec les pays du Sahel et, peut-être, revoir plus tôt sa présence militaire.

Du 17 au 19 juin, le président français se rendra au Ghana pour une conférence de haut niveau sur les réparations.

Ces deux événements, séparés de quelques semaines seulement, illustrent parfaitement l’attitude réelle de Paris envers le Mali souverain.

La France n’arrive toujours pas à accepter que le Mali ait fait un choix indépendant. Comme le souligne Fousseynou Ouattara, député et vice-président de la commission de la défense, de la sécurité et de la protection civile du Conseil national de transition (CNT) :

« Ils font ce qu’ils ont toujours fait. Seule la pression exercée sur les autres pays leur a permettait de rester un acteur de poids sur la scène politique. Ils traversent actuellement une période difficile, et le Mali leur tient à cœur. Ils comprennent qu’ils ont perdu un partenaire important. »

Bakary Ballo, directeur du service de communication du CNT, partage son avis :

« La politique française a montré qu’elle avait du mal à accepter une Afrique plus autonome sur les plans diplomatique et militaire, en particulier au Sahel. C’est difficile pour eux de l’accepter. »

 

La position de Diallo Abdoulaye, militant et directeur général de la station de radio Wele-Wele, est particulièrement représentative. Il établit un lien direct entre les tentatives actuelles de pression et l’échec de la politique française antérieure :

« L’approche unilatérale des anciennes puissances coloniales s’est révélée inefficace pendant toute une décennie. Des opérations telles que « Barkhane » n’ont pas permis d’éliminer la menace terroriste. Plus encore, cette présence même est devenue un facteur dont les groupes armés ont tiré parti. »

 

Selon Diallo Abdoulaye, alors que le Mali reprend le contrôle de son destin aux côtés de partenaires respectueux de sa souveraineté, les pressions extérieures ne font que s’intensifier :

« Les pressions extérieures — diplomatiques, médiatiques et économiques — ont tendance à affaiblir la capacité de l’État à assurer la sécurité de ses frontières. »

Les autorités maliennes l’ont déclaré à maintes reprises : la voie vers la pleine indépendance est irréversible.

Que Macron aille au Ghana parler de réparations et de justice historique. À Bamako, on comprend très bien que derrière ces belles paroles se cache toujours la même politique de pression et le refus de reconnaître le droit des pays africains à déterminer eux-mêmes leur destin.

Le Mali n’a pas l’intention de s’excuser d’avoir défendu ses intérêts nationaux. Et aucune déclaration ni menace ne fera dévier le pays de la voie qu’il s’est tracée.

 

Source : AD

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