Dans une République en pleine refondation, le visage de l’État ne se mesure pas uniquement à la force de ses institutions, mais avant tout à sa capacité d’écoute et à la célérité avec laquelle il répond aux détresses du quotidien. C’est le rappel ferme, mais empreint de haute responsabilité républicaine, qu’a lancé le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, à l’occasion de la cérémonie solennelle de remise du Rapport annuel 2025 du Médiateur de la République, tenue ce mardi 29 septembre au Palais de Koulouba.
Face à un parterre de hauts dignitaires – parmi lesquels le Premier ministre, le Président du Conseil National de Transition (CNT) et plusieurs membres du Gouvernement –, la Cheffe de l’institution, Mme Sanogo Aminata Mallé, a levé le voile sur le travail colossal accompli durant l’année écoulée. Un bilan quantitatif impressionnant, mais qui met surtout en lumière les fractures persistantes entre le citoyen et son administration.
Le baromètre de l’écoute citoyenne : Plus de 12 000 cris du cœur reçus
Selon le document présenté à la haute attention du Chef de l’État, les services du Médiateur de la République ont enregistré un volume d’activités particulièrement intense tout au long de l’année 2025. Ce sont ainsi 12 488 préoccupations citoyennes qui ont été écoutées et prises en charge par les équipes de l’institution, couplées à 184 dossiers de réclamation formels.
Derrière ces chiffres se cache la réalité quotidienne des Maliens face aux lourdeurs ou dysfonctionnements du service public : pensions de retraite bloquées, litiges domaniaux, exécution tardive des décisions de justice ou lenteurs dans les marchés publics.
Le spectre du foncier : 22 % des litiges enregistrés
Sans surprise, le contentieux de la terre demeure le cancer le plus tenace dans les relations entre l’administration et les administrateurs. Représentant 22 % de l’ensemble des réclamations enregistrées, les affaires foncières constituent la première cause de saisine du Médiateur.
Face à ce constat alarmant, le rapport met en exergue les avancées notables accomplies, notamment avec l’adoption en août dernier d’un pôle spécialisé en matière foncière, destiné à désamorcer les conflits d’attribution et à assainir la gestion domaniale.
L’institution s’est également félicitée du succès de la 29ᵉ édition de l’Espace d’Interpellation Démocratique (EID), ce forum unique qui permet aux citoyens ordinaires d’interpeller directement les ministres et responsables publics sur des manquements caractérisés.
« Derrière chaque dossier, il y a une famille qui attend » : Le plaidoyer d’Assimi Goïta
En recevant le précieux document des mains de Mme Sanogo Aminata Mallé, le Général d’Armée Assimi Goïta n’a pas manqué de saluer la régularité et la rigueur du Médiateur de la République. Pour le Chef de l’État, cette constance démontre une « culture de responsabilité et d’écoute » indispensable pour ériger les fondations d’un État moderne.
Mais au-delà des félicitations d’usage, le Président de la Transition a profité de cette tribune pour adresser un message sans équivoque à l’ensemble des départements ministériels et des services publics malien :
« Derrière chaque dossier, il y a une personne. Derrière chaque retard injustifié, il peut y avoir une famille qui attend. Derrière chaque décision inexécutée, il peut y avoir un droit reconnu mais qui demeure sans effet », a martelé le Général Assimi Goïta.
Appelant à rompre définitivement avec la bureaucratie stérile, le Chef de l’État a invité les fonctionnaires et agents publics à considérer les requêtes adressées au Médiateur non pas comme des attaques visant à les incriminer, mais comme des « signaux permettant à l’État de se corriger ». Pour le Président Goïta, la concrétisation du Mali Kura ne réside pas seulement dans les grands discours, mais dans l’exécution diligente des actes administratifs quotidiens : la délivrance conforme d’un titre foncier, le paiement à temps d’une pension ou le respect strict d’un jugement rendu par les tribunaux.
Modernisation et proximité : Les nouvelles ambitions du Médiateur
Pour répondre efficacement aux attentes grandissantes des populations, le Médiateur de la République ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Le rapport 2025 esquisse plusieurs priorités stratégiques pour les mois à venir :
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La décentralisation des infrastructures : Après la réalisation remarquée du nouveau siège de la Délégation territoriale de Ségou, l’institution prévoit la construction de nouveaux locaux à l’intérieur du pays pour se rapprocher physiquement des administrés.
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Le retour des audiences foraines : Indispensables pour atteindre les zones rurales et désenclavées, ces audiences itinérantes permettront aux citoyens les plus vulnérables d’accéder à la justice administrative.
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La transformation numérique : La digitalisation des procédures de saisine et de suivi des requêtes sera accélérée pour réduire drastiquement les délais de traitement des dossiers.
Un hommage solennel de la Nation
Signe de la gravité des temps et de la résilience du peuple malien, cette cérémonie institutionnelle a également été empreinte d’une profonde émotion. En marge des présentations administratives, un hommage solennel a été rendu aux victimes civiles et militaires frappées par les actes terroristes, rappelant le sacrifice ultime consenti par les fils du pays pour préserver la souveraineté nationale.
En replaçant le citoyen au cœur de l’action publique, cette cérémonie du 29 septembre 2026 réaffirme que la refondation du Mali repose sur un double pilier : la fermeté dans la défense de la patrie et l’équité irréprochable au sein de ses administrations.
